東京 Tokyo :
Charmes discrets d’une mégalopole
Tokyo, c’est énorme. Une agglomération de 25 millions d’habitants, ça peut
faire peur. Eh bien non, Tokyo est apaisant, zen. Autant je suis stressé
à Paris, autant je suis cool à Tokyo. Pas vu un seul geste d’incivilité
en quinze jours : des conducteurs calmes dans les embouteillages, des
foules pressées mais souriantes, des files d’attente impeccables sur le quai
perpendiculairement aux portes des voitures du métro et non des grappes
informes et oppressantes. Et puis des grands parcs, des jardins, des fleurs,
des villages dans la ville, des temples sereins, des petits coins tranquilles à
deux pas des gratte-ciels. Je voudrais vous faire partager quelques havres de
paix et de gentillesse :
1 – Hachikô, chien fidèle
忠犬ハチ公
Hachikô Plaza, c’est le lieu de tous les rendez-vous à Tokyo. La gare de
Shibuya déverse ses flots de voyageurs alentour mais ils épargnent un petit
îlot de calme autour de la statue du chien Hachi, Hachikô pour les intimes, 忠犬, Chûken, le « chien fidèle ».
(Statue en cuivre de Hachikô. La statue en bronze originale a été fondue pour
les besoins de la guerre. Photo Daniel Bas, 2004)
Il accompagnait chaque matin son maître, professeur à l’université de Tokyo, à
la gare de Shibuya, rentrait seul à la maison puis revenait seul le chercher le
soir au train, à heure fixe. Un soir de 1925, le professeur, victime d’une
crise cardiaque au travail, ne revint pas, ne revint plus jamais. Le fidèle
Hachikô continua à aller attendre son maître tous les soirs à la même heure
pendant presque dix ans. Les habitants du quartier en furent émus à tel point
qu’ils lancèrent une souscription en 1934 pour ériger une statue au
« chien fidèle ». C’était un chien de la race Akita en voie de
disparition qui s’en trouva relancée grâce à lui.
(Le véritable chien Hachikô, mort en 1935. Il était présent à l’inauguration de
sa statue)
L’amour de la nature, plantes et bêtes, chez les Japonais nous vaut cette
attendrissante mémoire du cœur et un petit coin de calme et de sourire
insubmersible face au tsunami du monde moderne. A deux pas de là, la
gare de Shibuya déverse ses millions de voyageurs affairés.
Hiromi, étudiante en langue française rencontrée à Cahors, guide et interprète
attentionnée, m’avait, bien sûr, fixé rendez-vous à Hachikô Plaza. Le masque
souligne le sourire. A noter l’usage répandu des masques bien avant les menaces
du virus H1N1. Photo Daniel Bas, 2004, désolé d’avoir mal cadré car le sourire
bienveillant du passant méritait meilleur traitement).
A suivre…
Daniel Bas, 11 novembre 2009
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