Elogio a Marinha Portuguesa (1)
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La Marinha Portuguesa, je n'en connais qu'une petite partie, celle de l'Ecole des cadets, mais cette partie émergente emporte chez moi un sentiment général d'excellence. Les marins (dont entre parenthèses je convoite le splendide pull over de laine) s'intéressent aux arts: ils fréquentent pour l'heure un historien de marine, un sculpteur, deux peintres, Paulo Santos, Carlos Soares, Lurdes Robalo et votre serviteur.
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Heu-reux !
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Sur le vif
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On ne sait jamais. Le gilet est obligatoire.
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Ces marins de l'Ecole Navale ont des voiliers, dont le Vega, petit bijou taillé pour la manœuvre et pour la course. Ils fêtent le trentenaire de son appartenance au Pavillon.
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Ces événements me valent de "trahir" pour un temps la gent aéronautique, mais à la réflexion, avion et bateau, c'est à peu près la même chose: des coques, des carènes, des voiles et des voilures. En définitive, je peins comme depuis toujours. Une fois je suis marin, une fois je suis aviateur et il m'arrive même de marier les deux quand un hélicoptère entre en scène marine. La technique est strictement la même, sauf l'emploi majeur du vert sur mer et l'emploi majeur du bleu dans les airs.
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Le Polar au premier plan, le Vega au second
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Je ne me plais que dans les grands espaces. La base navale d'Almada, sur la rive gauche du Tage, est un de ces espaces. Je respire, une fois passé le Pont du 25 avril et ses multitudes agglutinées.
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Nous y voici par un beau matin de mai, accueillis en amis par un capitaine de frégate qui a ce double talent d'être aussi chaleureux et fraternel qu'intransigeant dans la discipline et l'ordre militaires.
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Nous avons eu droit à la revue de midi des cadets. Toute une liturgie de passations de pouvoirs et de présentations entre fourmis bien canalisées sur une immense esplanade. Musique, clairons, petites foulées, saluts, garde à vous-repos, marches de parade, bras qui balancent très haut et mains fendant l'air comme des rasoirs. De loin, j'ai cru comprendre que notre ami s'intéressait aujourd'hui à l'impeccabilité des chaussures d'élèves marins. Des sanctions sont peut-être tombées, mais ce n'était pas notre affaire.
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La Sagres
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Notre affaire avait été la visite du Vega et un petit tour au moteur, histoire de changer de quai et de dégourdir la barre. Comme un décollage court suivi d'un atterrissage court en PTU chez les aviateurs.
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Mais quelle croisière dans la rade! Et quels décors! La Sagres, une Caravelle, des sous-marins noirs, des bâtiments gris hérissés d'antennes, de radars, de bulbes et Lisboa en toile de fond. Beau soleil de mai qui tapait sur la cabeça. On en oubliait qu'une partie de la flotte ancrée ici était à la retraite, en fin de vie, en proie à l'inexorable revanche de la rouille sur le minium.
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Retour à la base et au mess des officiers. Nous étions invités à déjeuner dans un aréopage galonné, de l'enseigne à l'amiral. Un privilège. Belle table, belles conversations, histoires de marine, sans oublier le propos: l'anniversaire du Vega.
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J'ai repris pour la circonstance du service en situation d'urgence, ce qui est contraire au métier de peintre qui exige action et fainéantise en phases aléatoires et non action continue.
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Sur la vue de l'étrave du Vega reçue par internet jeudi matin, j'ai entrepris un tableau qui devait en principe être exposé le lundi suivant. Mais Dieu merci, en dernière minute, la cérémonie a été déplacée à jeudi, ce qui me laisse un peu de temps pour aller jusqu'à l'encadrement. Maintenant que je connais ces messieurs et ces dames (il y en a dans la Marine), maintenant que j'ai pu apprécier leurs talents de gens du monde, leur extrême courtoisie et leur sens des relations humaines, je me dois de faire beaucoup mieux qu'il ne serait nécessaire.
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Allez, foin des parlotes,
JCP, au boulot !
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On y est presque, à quelques détails près, mais des détails qui ont leur importance.
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Et vive la Marine !
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A SUIVRE
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Salut le marinier!
Quelle activité débordante
Sans chapeau ni lunettes, je redécouvre enfin ta belle tête de baroudeur
On dirait même un écossais de sa Majesté
en train de jouer de la cornemuse à moins que ce soit de la corne de brume
Bye, bye
Fred
Rédigé par: Fred Oberson | 16/05/2006 at 20:22
magnifique jc, très bel équilibre de bleus/verts/gris,
excellent reportage
bravo
Rédigé par: jp | 14/05/2006 at 09:42