Alentejo quente
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Ou Baobab Story
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34°C à l'ombre et bien à l'abri un 3 septembre,
c'est signe de quoi?
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C'est signe qu'il fait bien chaud pour la saison. Aussi, ai-je pris des dispositions pour l'avenir. A commencer par élever un baobab.
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Photo JCP pour Popote & Papote
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C'est bon pour mon baobab
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34°C à l'ombre et bien à l'abri un 3 septembre, c'est bon pour lui. Il pousse, il pousse depuis que JP m'en confié un plant. Il a doublé de taille en un mois. Je dois encore lui trouver un plus vaste pot jusqu'à ce qu'il me réclame la lune.
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Qu'il me soit permis de rêver au jour où mon baobab s'élancera vers le ciel, se peuplera à son sommet de cigognes, tandis qu'à son pied, palabreront ceux qui aujourd'hui ont vingt ans mais qui, comme les copains, auront pris de la bouteille.
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C'est bon pour mes pucerons
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Mais je les soigne. Quand j'en chope une colonie entre le pouce et l'index ou à la brosse plate et que j'en fais une bouillie grasse, ils ne reviennent pas avant une semaine. La chaleur doit les rendre plus féconds.
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Et remarquez bien que les pucerons têtent à l'ombre!
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J'avais cru trouver la solution anti-pucerons en les saturant de basilic, mais mon basilic a trouvé ses prédateurs en les personnes d'un couple de criquets égyptiens, Anacridium Aegyptus, comme l'appellent les entomologistes.
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Tékitoi? Tu veux ma photo?
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Un beau mâle en apparence plein de verdeur, caparaçonné comme un engin blindé des temps mérovingiens, les antennes radio et deux webcams doryphores en plus.
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Cliquez sur le criquet
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J'ignore tout des moeurs des criquets. Ce que je sais, c'est qu'ils sont discrets et capable de rester immobiles des jours et des jours. Ils se laissent approcher au ras des moustaches. Leur seul tort serait peut-être de bouffer mon basilic. Mais je les comprends. Je sors de table et je vous jure que quelques feuilles juste cueillies pour enchanter une salade de tomates cocktail, c'est bon.
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Feu Akenaton
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Et puis un matin, alors que j'arrosais les fleurs - et le baobab -, j'ai découvert mon criquet égyptien mort et momifié. Il était pathétique. On distingue sur l'image la trace en transparence de sa moelle épinière qui prend racine à la base d'un crâne de Cro-Magnon. Les pigments verts se sont décolorés.
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J'allais sortir mon mouchoir quand j'ai avisé une énorme femelle grise qui se repaissait encore de basilic. Consultant rapidement ma collection de Sherlock Holmes, j'en ai déduit qu'elle lui avait fait le coup de la mante religieuse, au moment fatal de l'insémination. Serial killer, carrément. Elle pond sous X et recommence. Nympho psychotique, oui...
Je n'ai pas entendu de cri. Tout s'est passé dans les frondaisons, sous la ramure, dans les essences enivrantes de basilic ou de menthe poivrée. Je n'ai rien entendu. Un proverbe africain ne dit-il pas que
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Le vieux sage peut entendre le criquet éjaculer
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Je ne dois pas être assez sage ou pas assez vieux. Ou sourd.
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Du coup, je l'ai appelée La Veuve Criquet.
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Ma veuve égyptienne est assez bien faite de sa personne et propre sur elle. Si elle est en demi-deuil le jour, la nuit, elle porte des cuissardes rouges et bleues et se voile d'indigo.
J'en suis à me demander si elle ne fait pas le tapin, espérant qu'une nuée de michetons va s'abattre sur Alcacer do Sal. C'est à craindre avec ces vents porteurs qui nous viennent du Mali. Je ne sais pas ce qu'elle prend en guise de petit cadeau. Ce doit être la peau des fesses, ma tête à couper.
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Cochonne, va !
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Le matin, elle se bronze aux doux rayons de septembre. Mais dès onze heures sonnées à la Tour de l'Horloge, dès que la chaleur africaine monte sur la ville endormie, elle se planque au frais. Je ne connais pas ses heures de repas. Tout ce que je sais, c'est que les trous se multiplient. L'auberge doit lui plaire.
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La poinçonneuse des basilics a encore frappé!
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En attendant, que la Veuve Criquet ne touche pas à mon baobab!
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EPILOGUE
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Le lecteur a toujours raison
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Tout comme le client est roi, le lecteur a toujours raison, tel le cher PHIL qui a la tête bien posée sur les épaules.
J'avais évoqué la mort d'Akenaton et sa momification sur Popote & Papote, sous le titre SURVIE. PHIL y fit ce commentaire terrible, mais pertinent:
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- J'me demande si ton Akenaton n'aurait pas plutôt mué. C'est d'la chitine, ça, pas un macchabée de criquet...
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Eh bien ce filet de remarque m'a remué. J'ai consulté les spécialistes et j'ai bien été contraint d'avouer que je m'étais fourré le doigt dans l'oeil et que mon histoire de Feu Akenaton et de Veuve Criquette n'étaient que du pipeau, balivernes, billevesées. De la prose de rêveur.
Ce criquet si vert, baptisé post mortem Akenaton, n'était en réalité que la larve au terme de sa cinquième mue, de la fausse Veuve Criquette. Cinq mues, dites donc ! Si seulement ça pouvait nous arriver à nous, humains! Jeter aux orties nos villes peaux !
PHIL a donc raison. Merci PHIL.
Mais comme le disait si justement Cioran:
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- C'est porter atteinte à une idée que de l'approfondir: c'est lui ôter le charme, voire la vie...
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PHIL m'a tuer
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bonjour,
Il y a un an et demi j'ai rapporté du Sénégal deux jeunes baobabs.Le premier acheté chez un horticulteur local a pris son élan dés mon retour en Auvergne pour ma plus grande satisfaction;le seçond acheté à l'aéroport dans un petit sachet a mis longtemps avant de se décider à pointer une timide premiére feuille.Enfin il a dû me trouver sympatique puisqu'il est encore vivant bien que chétif à ce jour.
Je les voudrais prospère l'un comme l'autre mais n'y entends rien dans ...l'élevage...de ces arbres à la longévité respectueuse.Je ne voudrais pas commettre le pire en voulant bien faire,aussi si vous pouvez éclairer ma faible lanterne?vous gagnerez toute ma gratitude et l'estime de l'illustre inconnue que je suis.Merci d'avance.nadine
Rédigé par: cuvillier nadine | 28/06/2008 at 15:23
Ah diantre, voilà donc que je t'aurais blessé au vif ? ... et de surcroît pour une frêle et diaphane dépouille de criquet.
Me voici tout contrit, mon capitaine, car mon propos ne se voulait pas mortifiant (et encore moins assassin) mais réconfortant, puisque notre insecte sauteur n'est pas mort...
Allons, remettons-nous ! Ou je vais finir par coire que les températures qui éreintent ta contrée t'ont rendu sentimental ! Du nerf, pas de laisser-aller.
Rédigé par: Phil' | 07/09/2006 at 02:11
Quelle jolie histoire jc et les photos sont magnifique. Prends bien soin de ton baobab pourqu'il nous fasse de l'ombre dans notre lointain veillesse
Rédigé par: ann | 05/09/2006 at 10:34
à la 3eme mue tu auras l'heure exacte
incroyables photos que tu as fait
et alors ce baobab, il commence à faire sa réserve d'eau pour l'été prochain,
la culture du baobab en Alentejo c'est bien une aventure nouvelle et actuelle
c'est fou ce qu'on voit ici
Rédigé par: jp | 05/09/2006 at 09:54