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20/08/2007

Norécrin & Douglas DC-3

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Cela me démangeait de peindre un Norécrin, avion de ma jeunesse. J'en ai déjà un peu dit ICI sur cette démangeaison. La magnifique photo d'Alain Fradet parue sur les Tagazous m'a décidé.

Par un bel après-midi d'été, dans l'air un peu agité, deux heureux pilotes à bord du Norécrin de l'Escadrille Orion, s'apprêtent à mettre en route. En toile de fond, imposant, un Douglas DC-3 paresse au soleil.

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Norcrin_stade_5_opt

Norécrin. Acrylique JCP sur carton toilé 25 x 40 cm.

Disponible à la vente.

Conditions, voir Galerie.

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C'est le premier Norécrin que je peins. Je me demande encore pourquoi j'ai attendu si longtemps pour saisir sa finesse métallique, son dièdre accentué, l'ovoïde harmonieuse de son maître-couple, le dessin déjà fort réussi de l'ancêtre Messerschmitt Bf 108 Taifun. Et cette posture élégante, sur de fines jambes de train.

Quant au DC-3, je n'en étais pas à mon premier essai. J'avais ses lignes de rivets et ses bossages en tête. Et puis j'ai volé sur DC-3: Zürich/Venise aller-retour par le relief, à cheval sur le jumpseat. Un oeil sur le Cervin et l'autre sur les instruments. Nostalgie...

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Génèse

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Je passe sur les préparatifs, pour une fois, n'ayant pas eu le réflexe de photographier la toile tout juste crayonnée. Il faisait si chaud! Je commençais vers 6h de matin pour reposer les pinceaux vers les 10h et laisser couler le reste de la journée au rythme alentejan. Devagarinho, doucement.

Je ne reprenais la toile en main que le soir, surtout pour juger du travail du matin et programmer celui du lendemain à l'aube.

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Phase 1, bichromie

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En réalité, "verrouillage" dès le départ des jaunes, impossibles à plaquer sur du gris en fin de parcours. Un principe de précaution né de l'expérience acquise sur le Catalina "Calypso" des Cousteau.

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Norcrin_phase_1_opt

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Phase 2, montée en couleurs

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Là commence l'élaboration des profondeurs de champ, le plus difficile à mon sens. Nous avons ici trois plans: le décor, le DC3 et le Norécrin. Pour l'heure, le peintre et l'observateur n'en distinguent que deux: un fond de ciel et de végétation, puis un bloc quasi plat formé par les deux avions.

Je ne vous raconte pas combien il faut s'acharner par temps de canicule à vouloir étager les trois sujets, tout en travaillant la rotondité du Douglas, la juste ombre de son intrados. Trop dense, elle vous saute à la figure, trop pâle, elle part en eau de boudin.

Là est toute la différence entre la photo et la peinture quand on se prétend "peintre figuratif réaliste". Alternent joies et déceptions, car ce que l'oeil voit sur la photo n'est pas du tout ce qu'il voit sur la toile. Le train du DC3, par exemple, une vacherie! Sur la photo, l'oeil se satisfait de noirs nuancés. Il y perçoit le plus infime détail. Sur la toile, que le peintre force un peu trop sur les noirs et tout est bouché. Cela fait tache.

Donc, pas de noirs, mais des bleus superposés. Et il arrive un moment où la tentation du noir se fait pressante. C'est à cet instant qu'il faut aller boire un café, descendre au marché choisir un beau poisson. Mais allez chasser de la tête du peintre deux merveilles de la civilisation mécanique qui l'obsèdent...

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Phase 3, les jaunes et les bleus

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Les avions se sont habillés. Une robe, ça se soigne. Alors, il a fallu se remettre à l'anatomie, car sur la photo modèle, un gars qui passait occultait le flanc droit, une partie du train du Norécrin et surtout un bon bout de damier de son empennage.

Donc, étude anatomique du train principal de Norécrin sous toutes ses coutures et rectification des aberrations. Il y en avait ! Les spécialistes ne m'auraient pas pardonné, moi non plus! Les caches de roues, quand elles sont escamotées, c'est simple. Ce ne sont que des couvercles de casseroles dont on peut même se permettre de négliger les contours. Mais déployés, croyez-moi, c'est coton!

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Bref, je ne vais quand même pas me plaindre. A ce stade, le bleu tendre de KLM me ravit. Mon coeur battait quand même la chamade quand il s'est agi de cerner le texte "The Flying Dutchman". Pour y parvenir, j'ai peint d'une seule traite, presque sans respirer, profitant d'un instant de grâce: pas un tremblement. Le pinceau pointu neuf 02 a fait merveille, mais il y a laissé des plumes. Je les achète par trois, pour être plus sûr.

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Norcrin_phase_3_opt

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Phase 4, touches et retouches

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Poser des réhauts de blanc est un instant magique. C'est un peu comme dans un portrait, on finit le regard en lui donnant l'étincelle de vie.

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Phase 5, bon pour l'expo

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Vient alors le moment d'apposer la signature et de concocter une encadrement qui va bien.

Le reste n'est que menuiserie et peinture en bâtiment.

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Norcrin_stade_5_opt

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Voici les sites qui parlent de Norécrin & Douglas DC-3:

Commentaires

Je découvre un talent aux nombreuses facettes et passion ! Ce n'est pas chez notre ami JP que j'ai eu le plaisir de découvrir vos blogs, il me semble que c'est chez Nina ou Christina, comme quoi tout se rejoint !

Bon week-end à vous Merci

Ici le Norécrin est mis en valeur par le Douglas. Il semble même lui tourner le dos, comme pour lui échapper.
Quant au Sagres, il est mis en valeur, lui, par le bord d'un autre navire, situé à gauche.
C'est très interessant, très beau.
Tu donnes à un ignare comme moi, l'envie de
faire du bateau et de l'avion, alors que je ne suis passionné que par le plancher des vaches(normandes).
Bravo!

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