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Le ciel, quelle étrange chose, quelle étrange créativité d'un instant !
Nous sommes ici habitués à un ciel d'un bleu intense au zénith, puis dégradé jusqu'à l'horizon. Dans ce ciel vide qui est presque notre quotidien et qui est l'apanage de cette Europe du sud Atlantique, rien.
Rien que des bleus où le regard se noie. Qu'un goéland passe, qu'un avion trace sa trajectoire et le ciel, soudain, commence à prendre des dimensions qu'il n'avait pas, faute de jalons.
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Portugal sud, rien dans le ciel?
Attendez, vous n'avez encore rien vu...
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Une grosse perturbation est passée et le ciel s'est habité de fantasmagories, de choux fleurs, de barbules, de colonnes surmontées de feuilles d'acanthe, de lentilles, de cheminées de fées, de voiles déchirés, d'explosions d'îles flottantes et de chantilly. Et cet art hélas, disparaîtrait comme il est venu, si on ne le fixait pas au hasard de safaris, de chasses aux moutons.
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Que d'eau, que d'eau !
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Ici, Almograve sa tiré son épingle du jeu. Sur l'horizon, vers le nord, un long chapelet de cumulus congestus qui ne sont pas sans rappeler ceux de l'Océan Indien ou des Caraïbes. C'est Lisbonne en ce moment qui ramasse le paquet. Et comme il ne pleut pas si souvent, les maçons négligent les pentes, les caniveaux. Les ferblantiers négligent les gouttières (y a-t-il seulement des ferblantiers?). Les promoteurs construisent au pied des collines, dans de charmants vallons.
Plus près, à Sines, on dit que c'est une grosse conduite d'eau potable qui a cédé sous la poussée d'une coulée de boue, privant 10 000 habitants de réseau. Si Mac Mahon eût été là, il aurait répondu aux journalistes...
- Pas d'eau, pas d'eau...
Il n'empêche. On n'avait pas eu ce spectacle depuis des lunes...
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Ciel de guerre
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Etre correspondant de guerre, je vous prie de croie que ça n'est pas une sinécure. Pour saisir l'étendue du front, il faut, dans un laps de temps très court, traquer les colonnes de grains, s'arrêter, repartir, stopper encore, tous feux clignotants allumés.
L'ennemi est partout. Il rentre du boulot, il est pressé, il vous bouscule, il vous engueule parce que vous ralentissez son retour au foyer ou au bistrot du coin. Il se moque pas mal de ce feu nucléaire qui embrase la Serra de Cercal.
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Combien de mégatonnes, à votre avis?
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Ciel habillé
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Le ciel, chez nous, aime à se montrer nu, c'est la raison pour laquelle un rien l'habille.
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Le sol est mouillé. Les gastéropodes, peu méfiants, sortent les cornes. Les limaces pavoisent. Les grenouilles se gonflent d'aise à se rendre boeufs. A Hispano Airfield, les cigognes profitent de l'aubaine.
La prochaine ondée n'est pas loin.
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Un ancien marin prend l'air du large, scrute le temps, nostalgique. Son regard est tourné vers la ligne blanche de gros grains. Setùbal et Lisboa trinquent et pompent. Nous ne serons pas quittes pour autant.
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Vila Nova de Milfontes a perdu pour un soir ses éclats exotiques.
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On croyait les mauvais jours passés et voilà qu'ils sont revenus par le sud. Deuxième vague d'assaut. Rien ne peut l'arrêter. Le ciel est non seulement habité, mais il est surpeuplé soudain. A un coup de soleil succède un coup de nuit. Le grain arrive au ras des flots.
Il tonne au loin. Un à un, les spectateurs quittent les planches d'Almograve, pareilles à celles de Deauville, mais la comparaison s'arrête là. Et je reste seul à attendre l'avoinée. Une bien belle, mais chargée d'un tonnerre de peu. J'avais tout déconnecté, chez moi. Principe de précaution. Il ne s'est rien passé. Pas une coupure.
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Le tonnerre gronde et le grain passe. Il ne faisait que passer. Plus un chien ne se risque à aboyer. Le gros boxer voisin ne fait plus son malin. C'est l'avantage des orages. Mais que d'eau, que d'eau !
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Dormez, bonnes gens, ça n'est pas encore pour ce coup-ci.
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Gardons-nous cependant d'en déduire qu'il pleut en Alentejo. Il arrive qu'il pleut. Aucune année ne ressemble à l'autre. Il n'y a plus de règles.
Mais le ciel vu d'en-bas, même chargé, ce n'est encore rien.
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Il est des hommes et des femmes "de là-haut", des baladins du ciel jamais rassasiés de beautés, qui pensent à le fixer sur gélatine ou en pixels. J'en connais beaucoup. A croire que mes inclinations ne vont qu'aux gens du ciel, ce qui n'est pas loin d'être vrai.
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Prochain épisode: le retour du bleu
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Merci de nous rappeler ou nous faire découvrir ces pages si belles .
Je comprends mieux pourquoi mon frère ,JCP, aimait tant à nous expliquer les ciels PORTUGAIS ...
Je profite de remercier,aussi ,Michel Léveillard, le Frérot Viking ,pour avoir si bien mis en valeur les peintures de zincs et autres de JCP,accompagnées de la musique qui leur va si bien .
Quiquine .
Rédigé par : PAULUS PETIT JACQUELINE | 23/04/2012 à 15:48
Cher ami...
Je suis totalement d'accord avec vous et je suis coupable de ne pas avoir commenté cet article...
Je dois avouer que lorsque notre cher Jean-Claude était toujours parmi nous que je me concentrais principalement "Sur le Zinc" pour les articles qui touchaient l'aviation et même la plusieurs années plus tard je me rends compte que j'en ai manqué...
Dernièrement je me suis mis au travail pour rassembler tous les merveilleux tableaux qu'avait peint l'artiste... un bon nombre était éparpille ici et là dans les archives et quel dommage car quel beau travail il faisait…
Merci pour ce rappel cela me fera corriger mon manque d’attention d’avoir négligé les autres blogs…
Bien amicalement…
Michel
Rédigé par : Michel Leveillard | 20/04/2012 à 11:58
Et dire que personne n'avait encore commenté ces lignes si bien écrites et ces photos qui nous incitent à revenir alors que nous y étions il y a à peine 24h ... oui toujours revenir en Alentejo
Rédigé par : Jeff | 10/04/2012 à 20:58