Soudain, ma gorge, incontrôlable, pousse un hurlement de bête dans l’obscurité !
Je tremble. Appelle. Menace dans le vide.
Puis, au risque d’être fauché par une rafale de kalachnikov, j’allume toutes les lumières et descends à grand bruit, quatre à quatre.
Alors, je vois.
Dans le salon, au coin du divan, je vois.
Il y a là, la cause de ma terreur …
Un poste de radio !
Un transistor !
Enorme, sophistiqué, qui capte vraisemblablement les émissions lointaines.
Une voix d’outre-tombe déclame du Corneille ou du Racine. Une pièce de théâtre ! A trois heures du matin !
Comment une radio, en sommeil pendant trois jours, peut-elle brusquement se réveiller au beau milieu de la nuit ? Mystère.
Les propriétaires avaient-ils oublié de l’éteindre ? Les trépidations d’un moteur de camion avaient-elles soudain « libéré » les comédiens de leur hypnose ? Une légère secousse tellurique pouvait-elle redonner souffle aux acteurs fatigués du Cid ?
Sans vraiment chercher une réponse rationnelle à cette énigme, j’en profitai pour vérifier la fermeture des volets du rez-de-chaussée et pousser ensuite le lit contre la porte de ma chambre.
Au petit matin, je quittai sans regret la villa de mes rêves.
Tu nous parles d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ...
Ce propriétaire sympathique avait sans doute
programmé les allumages automatiques pour
simuler une présence dans cette superbe villa .
J'imagine la chair de poule ressentie devant ces bruits inattendus ...
C'est après que l'on se prend à rire
Pouvoir user de ce joli pavillon valait bien un moment de terreur !!!
Quiquine.
Rédigé par : PAULUS PETIT JACQUELINE | 11/10/2011 à 05:35