Année1956
Le soleil vient à peine de se lever. Soudain, le chien dresse les oreilles et se précipite en aboyant dans la basse-cour. Un voleur dans les parages ? J’ouvre la fenêtre. Au même moment, le poulailler résonne de hurlements de terreur et de furieux battements d’ailes. Il y a …Il y a un homme sur le toit ! Un homme, oui ! En caleçon ! Il tient son pantalon et ses chaussures à la main. Les yeux hagards, il marche prudemment sur les tôles qui s‘enfoncent à chaque pas…Il m’aperçoit. Honteux, aux abois, il se retourne vers la maison du voisin dont il vient sans doute de s’échapper. Tiens, tiens…je viens de comprendre. Encore un amant de la jeune voisine ! Il s’excuse par gestes, prêt à sauter sur le sol, mais la présence du chien l’en empêche.
Comme il faut aider son prochain, fût-il en petite tenue, je descends donc retenir notre bête.
Mais, ce funambule en slip, cet acrobate agile et intrépide, n’est autre que…le notaire du village ! Ca alors !
-Chut…Soyez discrète, s’il vous plaît, je…je ne sais pas comment…murmure-t-il en se rhabillant.
-Moi, vous savez…Ces histoires-là ne me regardent pas…
Le mari avait 70 ans, sa femme, 30. Ils faisaient chambre séparée. Mais, comme elle avait peur de dormir seule, surtout les nuits d’orage, elle recherchait la protection rapprochée d’un officier ministériel.
Jacqueline Paulus-Petit, le 3 juillet 2012
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