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août 24, 2006

Esquisses (2)

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Rappel:

"Esquisses" se lit dans l'ordre numérique, par tableaux. Voir Esquisses (1) Premier tableau "Maud".

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Deuxième tableau: Sonia

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Sonia_opt

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C'est Madame, Sonia Borgel elle-même, qui ouvrit le feu à son retour de voyage. Elle était amoureuse, cela crevait les yeux. Moi, je ne lui demandais rien. J'avais eu mon compte avec Maud: un hématome à l'épaule et un encéphalogramme pour le moment plat. Je la revois me sauter au cou, gorgée d'enthousiasme et de projets insensés, telle l'ouverture de six antennes, dont une à Cannes dans un marché pourtant réputé destructeur. Il grouillait certes de courtisanes déchues et vieillissantes, de garçons d'hôtels un peu finis, nostalgiques d'aventures furtives avec d'opulentes bourgeoises. Mais c'était Cannes! Cannes-la-Braguette comme l'avait chanté Léo Ferré. J'y gagnerais en tout état de cause. Sonia me ferait le fournisseur officiel de sa constellation grandissante de juteux et convoités cabinets matrimoniaux. Ça valait rétribution. Moi, j'étais en principe toujours puni, mais pour les raisons anciennes que j'ai avancées et surtout, pour les plus récentes, j'exécutais ma peine avec patience et philosophie. Je savais qu'en dépit des liens obscurs qui m'enchaînaient encore à Madame, je la quitterais et j'émigrerais vers le Midi dès que j'aurais équipé ses bureaux de mes œuvrettes décoratives.

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août 15, 2006

Esquisses (1)

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Note:

Ici commence, dans la catégorie PORTRAITS, une série en dix tableaux

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Premier tableau:  MAUD

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Maud_opt

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Mon oeuvre légère de peintre de nus est née dans le paradoxe, grâce au concours involontaire de Maud, notre bonne, une fille simple de dix-sept ans venue de la campagne.

Paradoxe est le mot qui convient. Maud était l'antithèse d'un modèle. Elle était dépourvue de charmes, abstraction faite de deux avantages non négligeables: une poitrine de haute tenue, ronde, harmonieuse, dure, vivante, caressée par une abondante chevelure très noire aux reflets bleutés, ondulée, soyeuse, en parfaite santé. Je n'eusse pas supporté d'y débusquer la moindre pellicule et c’est peut-être cette santé capillaire qui a emporté mon indulgence.

Car hélas, son visage était atone, décourageant, pas même éclairé par ses grands yeux (qui étaient sombres et avaient tout du chien basset), ni par sa bouche lippue, relâchée, mouillée par une langue trop volumineuse pour sa cavité buccale.

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