Le ciel est bleu de Prusse, zébré de traces blanches laissées par des avions. Des abeilles, des mouches bourdonnent à nos oreilles. Il fait chaud. Je dois avoir tout juste deux ans en ce temps-là.
Pendant quelques secondes le monde prend forme dans ma jeune conscience.
Il y a là, Jean-Claude, mon grand frère âgé de huit ans et deux fillettes très blondes qui courent après des papillons. Les enfants crient leur bonheur de respirer la vie.
Puis, silence.
Une pente. Un élément important du décor. L’un des quatre s’y laisse rouler, glissant sur l’herbe rase. Les trois autres l’imitent aussitôt et dégringolent de bon cœur.
Tout tourne. Le village, la montagne, la forêt.
Puis, la chute joyeuse s’arrête dans un léger faux plat.
Mes yeux se posent alors à quelques centimètres de boutons d’or étincelants.
C’est mon premier contact avec les fleurs.
Au même moment, mon frère regarde une des deux petites et lui prend la main.
Ensuite?
Plus rien.
Le film est coupé.
Ce ne sont que quelques images. Très brèves mais très intenses.
JAC, le 15 mars 2012
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