30 juillet 2010, hôtel Closenberg, Galle, Sri Lanka,
200
ans après sa construction, la bâtisse n’a rien perdu de sa vocation
militaire : elle est entourée de fils de fer barbelés et de miradors. Côté
océan des soldats armés de fusil montent la garde. Côté terre, quelques chiens
armés de patience attendent devant le porche. Croassements incessants des
corbeaux, cliquetis des couverts essuyés lentement par les serveurs, fracas
régulier des vagues sur les rochers rythment la vie quotidienne.
La
demeure se fissure, se lézarde, s’endort malgré les va-et-vient incessants des
écureuils qui y ont élu domicile.
Je
ne déteste pas ces lieux désuets au charme subtil. Certes ils suscitent
l’ennui, mais au moment le plus inattendu un évènement étonnant viendra
toujours bouleverser l’atmosphère pesante : un chat qui fait tomber un pot de
peinture, le départ précipité d’un client mécontent, l’arrivée impromptue d’une
star de cinéma.
Et la perturbation qui s’ensuit prend alors souvent des allures romanesques.
JAC, le 30 août 2010
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