Jambon nouilles
Aujourd'hui, ce sera jambon nouilles, pour changer et varier l'alimentation. L'estomac ne doit jamais s'attendre à ce qu'il va devoir malaxer. Il faut le surprendre par des changements brutaux.
Et puis il y a des jours où la fainéantise vous reprend en cuisine. Pas envie, trop occupé, fait pas beau, n'importe quel prétexte. C'est reculer pour mieux sauter, car dès le repas suivant, cela peut être pagre au four à la coriandre et son caramel d'oignons.
Jambon nouilles est donc aujourd'hui une opération de diversion.
Question fondamentale:
Est-ce que le jambon nouilles peut faire l'objet et le sujet d'un met gastronomique?
En principe, la réponse est OUI.
Côté nouilles
On a de quoi être satisfait. Barilla 62, "nastrini", cuisson 6 minutes pile, c'est parfait. Là-dessus, une neigeotte de parmesan vieux, dur comme le bois: il faut toujoujours avoir du parmesan sous la main. Le mien vit très bien au fond du réfrigérateur depuis plus d'un an, mollement enveloppé dans un bout de papier de cuisine et dans un sachet ouvert. Il respire et se concentre.
Côté jambon
C'est là qu'est l'os, pour ce qui concerne le jambon blanc.
J'ai le souvenir très nostalgique de tranches de jambon vraiment blanches, légèrement fibreuses à la manière de la bavette et surtout sèches, sans être toutefois desséchées.
J'ai le souvenir d'une section quasi rectangulaire et surtout d'un bel enrobage de bon gras blanc fin et d'un liseret de couenne. Je râflais la part de gras de Maman avant que Papa ne s'en saisisse.
Dans le jambon, je voyais des rivières, des canaux et des plaines aux reflets irisés. Je voyais des sillons et des pays, comme sur une photo aérienne.
Quant au goût, ahhh!!! comme disait Proust Marcel les jours de jambon purée.
Où est passé ce jambon de mon enfance ?
Aujourd'hui, on ne voit que des jambons rosâtres et mouillés à l'excès, carrés, sans gras. Le marketing a suivi à la lettre les recommandations des diététiciens, pour ne délivrer que de la tranche à tartiner sans goût, ce qui fait grandement l'affaire des moutardiers et autres ketchupiers. Mais le jambon? Où est-y ?
Typiquement nul: Bon appétit!
Et qui proteste? Personne! Pire, au breakfast, dans les hôtels, on voit les clients du petit matin s'en remplir une pleine assiette, sans compter la pleine assiette de fromage "Flamingo" tout aussi insipide et marketinguisé.
C'est de la bouffe d'ingénieur et de comptable analytique...
Côté presunto, prosciuto, ça va bien mieux

Chez Pierre Oteiza, aux Aldudes (Pays basque, 64)
Rien à redire. Il y a Pata Negra, Bellota, Serrano, Parme, San Daniele, Bayonne, Aldudes. Il suffit de choisir le bon jambon, persillé à coeur, séché plus de 9 mois et de demander en insistant très fort, de très très fines tranches. Cela énerve la charcutière qui doit "dérégler" sa machine, mais le client est roi. Et que m'importe de passer pour le roi des fâcheux:
- Plus fin, s'il-vous-plaît, Mademoiselle, j'aimerais voir la montagne à travers...
- (Ronchonnements...)
Oui, c'est vrai, il ne faut pas mépriser le jambon.On en réserve parfois, à tort, une tranche (nerveuse) aux enfants qui refusent le plat de poisson. Le bon jambon est joli...
...-Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes,aux yeux vifs,
-Celle-là,ce n'est pas un baiser qui l'épeure!-
Rieuse,m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède,dans un plat colorié,
Du jambon rose et blanc,parfumé d'une gousse
D'ail,-et m'emplit la chope immense,avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.
Rimbaud , 1870.
Rédigé par: jac | 27/07/2008 at 05:44
Bonjour,
pour trouver du jambon français à la coupe au Portugal,il suffit d'aller à la charcuterie de l'Intermarché local. Ils ont une marque "Torchonay" qui n'est pas trop mal. Ne pas hésiter à indiquer la largeur de coupe que l'on préfère pour éviter les tranches type papier à cigarette. Ils ont aussi des pates fraiches. Bon appétit.
Rédigé par: Nicole | 30/03/2005 at 10:30
PS: João et moi avons bien réussi à faire un excellent fromage de type pâte molle française au Timor Oriental, alors!!! On ne va pas se laisser démonter par du jambon blanc!
Rédigé par: Elvira | 29/03/2005 at 16:26
Va falloir qu'on le fasse nous-même, ce jambon, quoi! Chiche? Ma tante Mimi d'Évora a quelques belles bêtes... mais je n'ai pas la recette. À la prochaine "matança", il faudrait que tu viennes et on essaierais. Qu'en dis-tu?
Rédigé par: Elvira | 29/03/2005 at 16:15
Pour le jambon, ça me fait penser à un autre truc : les rillettes. J'en trouvais pas dans le commerce, alors j'en ai fait : 6 kilogs. J'ai dû me débrouiller avec du vin blanc régional, mais c'était bon. On a tout mangé en 30 jours avec l'aide de la famille. En achetant une belle cuisse de porc, on doit pouvoir la convertir en jambon, non ?
Rédigé par: Joao | 29/03/2005 at 11:12
Touché coulé ! Je suis le roi de la découpe. Mes couteaux et moi faisons des tranches de fromage de chèvre ou de "presunto" translucides. On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Pour le jambon au torchon, j'ai pas trouvé ailleurs que chez LIDL...mais je me rappelle d'avoir vu pendant une semaine "promotion charcutailles" à Alverca (Jumbo) un Label Rouge bien appétissant. C'était il y a trois ans...
Rédigé par: Joao | 29/03/2005 at 11:08
Tu as bien raison pour le jambon blanc, rien de bon à trouver au Portugal, même le fiambre de perna, moulé à souhait et presqu'aussi trempé. J'en trouvais du bon à l'époque à Huelva, quand j'allais faires des achats au Continente du coin. Et pour celui qu'on trouve au Lidl, c'est le même partout en Europe, originaire d'Allemagne, il est correct en choisissant bien, mais sans plus.
Rédigé par: Alquimista | 26/03/2005 at 11:16
Jambon-nouilles, ça peut être très bon si les deux ingrédients sont de bonne qualité. Le tout, comme tu dis, avec du bon parmesan bien vieux et fort et une noisette de beurre des Açores. Pour le jambon blanc, le meilleur que j'ai trouvé ici vient de chez... Lidl. Il se présente par 4 tranches et emballé. Un beau morceau de gras, un rose magnifique et une consistance sèche, comme je l'aime. Essaie.
Rédigé par: Elvira | 24/03/2005 at 12:50