Eloge du basilic
Dédié à Jean-Paul et Ann
Il est des plaisirs intenses qui ne sauraient échapper ni aux yeux, ni au nez, ni aux papilles de l’épicurien, militant de base.
Le basilic en est une source prodigieuse.
Le basilic est doux au toucher
Le basilic se respire
Le basilic se contemple
Le basilic parfume
Le basilic est l’ami des tomates, des pâtes, des anchois frais. C’est leur meilleur agent naturel exhausteur de goût, pour parler dans le jargon des produits trafiqués.
Le basilic est l’ennemi des pucerons : Déjà, ils ont déserté le laurier rose
Le basilic est pluriel
Grandes feuilles, nain, citronné, camphré
Le basilic est gréco-latin
La Grèce, l’Italie, la France du sud-est raffolent du basilic
Santorin. Bas relief JCP. Terre cuite.
Mais le basilic est peu présent au Portugal, pourtant pays des grandes découvertes.
Basilikon Ier, « Le Petit Roi », n’y a pas installé son trône, pas plus qu’en Espagne d’ailleurs. Nous pourvoyons et réparons cette absence.
JP & Ann raffolent aussi, c’est pourquoi s’est créée, de façon informelle, la Basilikon Connection. Un trafic est né sous le 38e parallèle entre Olhar feliz et Popote & Papote: coupes fraîches, semences, pousses.
Déjà, une Alentejane d’Alcácer do Sal est conquise, comme elle a été conquise par la frisée aux lardons et par les tagliatelles carbonara (avec feuilles de basilic en bellevue).
Elle admet qu’en cuisine, la coriandre (coentros), à la rigueur le persil (salsa), ne sont plus les seules plantes condimentaires et qu’il y a lieu de développer le basilic.
Ma terrasse en est pleine et nous promet des réjouissances à foison.
Je rêve notamment d’une salade de tomates avec feta et basilic, comme à Heraklion ou Santorin.
Epilogue pour de rire
J’admets toutefois, pour ma modeste part, personnellement et pour ce qui me concerne, que le basilic n’est pas la panacée. Quoique. (Je suis muito temoso, c'est-à-dire cabochard, comme me le répète Lili).
Car de l’avis des non épicuriens, le basilic ne saurait égaler le ketchup-salade verte-frites-saucisses-Coca en tant que nourriture basique et universelle.
Prosélytes de tous pays, unissez-vous !
Ralliez-vous au basilic !
A quand aussi un Eloge du cerfeuil?
Epilogue pour de vrai
On a vachement bien fait de choisir le Portugal en tant que terre d'élection pour Epicuriens gourmands de vérité, gourmets, esthètes contemplatifs, poètes & paysans.
La pomme d'or sur fond de basilic
Alentejane pur sang convertie au basilic gréco-latin:
- Sic transit gloria mundi

merci pour le tuyau sur les pucerons, je vais tester...
Rédigé par: François | 07/06/2005 at 15:06
Sous mes cieux doux où beaucoup de choses poussent, mon basilic adoré a du mal à pousser !!! Tous les étés, nous sommes frustrés. Tous les voisins en ont pourtant!! bizarre, bizarre.
Rédigé par: Mijo | 05/06/2005 at 23:09
Vachement vrai tout ça, mais moi qui suis une apprentie baba-cool en extâse devant ton coté épicurien, je vais m'y mettre à la salade au basilic pour voir. C'est que je lui mets généralement de l'orégon et du thym. J'ai pas encore de basilic petite feuille parce que comme tout le monde, j'attends la saint Antoine pour en avoir un et " é regar e pôr ao luar". Mais vu la photo de ta salade, tu lui mets du basilic grande feuille et ça, j'en ai pour les pâtes, bien qu'encore petit. Bon dimanche, môssieu Jean Claude.
Rédigé par: ana assunção | 05/06/2005 at 11:45
C'est vrai, le basilic est un peu ce que le muguet est aux français, toutefois il ne s'agit apparemment pas tout-à-fait de la même variété.
Au Portugal, "leur" basilic (ou "mangerico") a de petites feuilles (celui des italiens est dit "magericão") et habite surtout sur le bord des fenêtres (il ne sort qu'une fois l'an, dans de petits pots/godets, pour la Saint Antoine).
Moi je l'apprécie en compagnie de fromage de brebis, de pignons de pin et d'huile d'olive. A la génoise.
Rédigé par: Phil | 04/06/2005 at 20:30
PS: la dame en blanc, c'est Lili? Sacré JCP! On ne s'embête pas...
Rédigé par: Elvira | 02/06/2005 at 17:58
Si. Le basilic a une très grande importance au Portugal. Mais pas dans la cuisine. Associé à Saint Antoine, c'est la plante des amoureux et un symbole de Lisbonne. Les gens adorent en avoir dans les jardins et à la maison pour le parfum. Elisabete, voisine de mes beaux-parents, à Melides, apprenant que nous mettions du basilic dans la salade: "Hein? Koooooa? Vous mangez les fleurs, maintenant?"
Rédigé par: Elvira | 02/06/2005 at 17:57