Eloge de la Poule de luxe 8
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Eloge du poulet de luxe
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C’est celui dont la chair colorée adhère à l’os et résiste un peu à la morsure du gastronome.
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Anecdote vécue :
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Un jour, j‘ai retrouvé en pleurs ma très noble bouchère charcutière volaillère de Saint-Jean de Luz. Elle paraissait abattue dans sa boutique par ailleurs très fréquentable, du fait que volailles, veaux, cochons et couvées provenaient de sa propre ferme.
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Une "Parisienne", dites donc, comme il en descend à la Pentecôte, lui avait flanqué à la figure le poulet acheté la veille, au motif qu’il était trop dur…Et Maïté (elles s’appellent toutes Maïté là-bas) de gémir sur l’ingratitude des citadins, elle qui, non contente de tenir boutique à longueur de journée, bien au-delà des 35 heures, préparait aussi gâteaux basques, confitures, pâtés, fromages frais afin que nul n’en meure.
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- Alors ça, c'est quelque chose, non?
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Son poulet ? C’était un poulet de marche, un ferme de sa ferme. Pensez si l’affront lui fit un mal inouï, alors que Mattin (ils s’appellent tous Mattin), son mari, s’escagassait à rôtir poulets, canards, porcelets dehors, dans la rôtissoire, prenant soin d’arroser les bestioles de sucs déments !
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Ah l'inculture des urbains en matière de poulet de ferme, naturellement plus ferme que le poulet de QHS déjà prédécoupé, embarquetté, filmé, code-barré, embarqué et micro-ondé à la va-vite dans la kitchenette !
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