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La Madeirense
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La banane de Madeira est une banane courte, renflée, d'un jaune doré appétissant, peu tachée, sinon pas du tout.
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Elle pousse sur un bananier qu'on ne voit jamais à cette distance, mais qu'on devine joli. Elle rappelle la délicieuse banane "Figue blanche" ou "Mignonne" des Iles Mascareignes. En bien moins cher: rapport de 15 / 1. C'est le pétrole (11 000 Km) qui emporte 80% du coût de la Réunionnaise + le pourliche.
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Le bananier madeirense
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La Réunionnaise
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Mais la Madeirense! Je m'en approvisonne chez ma voisine qui vend indifféremment des bananes Delmonte d'Amérique centrale et des bananes de Madeira, ce qui est un luxe inouï que tous les palais ne distinguent pas, en vertu de l'axiome, une banane c'est une banane. Eh bien non! Même remarque pour les pommes de terre. Une ratte n'est pas une patate, mais un must.
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Aucun supermarché n'offre ici des bananes de Madeira. La distribution préfère les bananes sans risques, cueillie vertes et mûries en bateau frigorifique. Sans risques et sans goût. Farine ou bouillie.
C'est pourquoi j'avais oublié la banane que j'avais classée dans les fruits de secours, au même titre que le cric, la torche et la couverture en mylar.
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Mais la banane de Madeira !...
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Belle main de banane de Madeira à cinq doigts: dodue, mûre à point avec de la tenue.
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Belle coupe franche qui luit. C'est l'huile de banane. Jolie figurine centrale qui rappelle un peu les facéties de la lune...
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...ou le vol fossile d'une éphémère prise dans les glaces.
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Belle tranche qui ne s'effondre pas. Ah les bananes tigrées qui tournent de l'oeil et qui vous farinent la palais, quelle horreur en comparaison!
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Beau et bon dessert des soirs d'automne où le fruit indigène commence à manquer, avant que les clémentines et les oranges prennent le relais.
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Une banane ne se mange jamais seule, selon JP qui me l'a enseigné.
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J'ai corsé ce soir avec un abricot sec et des sultanes de Turquie, une datte de Tunisie, un pruneau d'Agen. Madeira, Istamboul, Tunis, Agen, vous voyez le circuit !
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Et j'ai sifflé là-dessus un petit verre de Malaga. Un vieux reste de la tireuse enchantée d'une venta de frontière. Rajoutez Malaga via Irun à Agen et vous aurez une idée du voyage étonnant que je viens de boucler.
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On est très banane chez nous.
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A propos...
les oranges nouvelles sont arrivées!
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Ce sont des indigènes de l'orangeraie d'à côté. Reçu dans le même temps les premières tangerinas ou mandarines, venues en direct d'un verger d'Albufeira.
A genoux! (J'avais aussi oublié les mandarines, à cause du coton envahissant qui entoure les plus sèches, celles des étals de supermarchés mal tenus, dont le chef de rayons fruits se fout pas mal de savoir si c'est du lard ou du coton).
Bref, me voici remarié avec des clémentines, des mandarines et des bananes.
L'hiver a du bon. Le vent a tourné. Il nous vient une saucée de Madeira, justement. Douce. Il pleut des bananes. Il faisait 15° à 22h. C'est dire. Les bananiers de JP vont apprécier.
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