Tiens, voilà la plie !
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La plie ou carrelet ou solha (em português) est une jolie bête plutôt chatoyante, surtout quand sa fraîcheur éclate dans une marée de poissons un peu flagadas. Monsieur le gérant de l'Ecomarché d'Alcacer, attention! Tout n'était pas né de la dernière pluie sur votre étal, à l'exception de mes deux plies que j'ai saisies au vol.
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Une forme caractéristique en fer de lance
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Elles avaient du chien, de l'éclat, du brillant, de la tenue. Attention aussi, Monsieur le gérant, à la formation du personnel. La plie (ou solha) ne se vide pas par très forte pression sur la poche à boyaux, mais chirurgicalement: incision large, extraction délicate. J'ai dû tout recommencer!
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Bref, beau poisson à la chair délicate, fortement iodé, plutôt rare par chez nous. Raison de plus pour retrouver le carrelet que Maman savait si bien préparer. Mais que je n'avais encore jamais travaillé de mes propres mains.
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Dorsale de plie
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Improvisation
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J'avais sous la main des échalions, des piments doux d'Anglet (dont on fait la Basquaise), du piment d'Espelette. La papillote et le four me semblaient s'imposer.
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Habit à queue de plie
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Tête de plie
où l'on devine une féroce intelligence dans la divergence des yeux et une sensualité débordante, un appétit d'existence dans l'organe labial. La plie est lippue, c'est là son moindre défaut.
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Ah vous croyez? Franchement, je ne trouve pas la plie très ressemblante, mais c'est vous qui voyez...
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Aux fourneaux
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Sur une feuille d'alu, j'ai posé la plie. Je l'ai salée, parsemée de piment d'Espelette puis couverte d'échalions et de piments doux ciselés très fin.
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Important:
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Les piments d'Anglet ciselés avaient préalablement été priés de suer dans une petite casserole, avec trois gouttes d'eau et un peu de sel. J'avais retenu la leçon de Patrice Demangel (Chef du Miramar à Biarritz), lors d'une préparation de basquaise, suivie d'une pipérade.
J'ai arrosé de bonne huile d'olive et de bon vin blanc. J'ai refermé avec soin le piège à saveurs.
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J'ai enfourné à bonne température et attendu la montée des fragrances pour juger que la plie était cuite. Vingt minutes, pas plus.
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Aux résultats
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A vue de nez, c'était parfait. Je retrouvais les fumets de ma normande de maman, à une différence près: huile d'olive et piments doux (denrées estrangères à Rouen). Pas de beurre. Je vous laisse deviner la légèreté digestive de la préparation.
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Les pommes de terres à l'eau s'imposaient aussi. J'avais sous la main un reste de Pompadour fermes.
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Côté gustatif, ce fut Byzance. Je retrouvais à la fois les sucs ancestraux du carrelet de Maman et la touche basque.
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Coût de la fête:
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750 g de plie pour 2,99 euros. Le plus cher était sans doute la pomme de terre Pompadour et les piments, achetés au Leclerc d'Urrugne...
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On a bien fait de venir au Portugal, não é ?
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A l'instar de Jean-Paul(et en passant par la lorraine:"paix à son âme et viva les fumeurs de pipe!")tu as les mots Jean-Claude! Tu joues (jouis) aussi d'une palette -à la diable- diabolique! Tes photos sont arrrghhhhhh!!!!!
Rédigé par: lilizen | 04/01/2006 at 13:36
Fizeste bem amigo.
Rédigé par: Joao | 19/12/2005 at 11:42
Pomme de terre Pompadour, voilà bien la preuve d'un vrai connaisseur épicurien ! Bien content de te savoir rentré au pays, l'ami...
Rédigé par: Alquimista | 18/12/2005 at 17:09
la femme de la plie ne rompt pas
Rédigé par: jp | 18/12/2005 at 17:07