Patate douce en bellevue
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Improvisation sur la patate douce,
suivie d'une fugue à quatre mains
sur le sar et le bacalhau
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LOF, qui est orfèvre en légumes, nous régalés avec sa soupe poireau-patate douce. J'ai eu aussi l'honneur et le privilège de goûter sa purée de patates douces.
J'ai découvert ainsi les vertus de la patate douce que je reléguais naguère (Ô ignorance crasse !) au rang des curiosités de jardin ultramarin, sans avoir jamais éprouvé l'envie de consommer.
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Savez-vous planter des patates douces à la mode de chez nous? Les plus perspicaces d'entre vous remarqueront que cette plante verte s'accommode fort bien de la proximité de la Confiture Rare de Poncire de Collioure et autres confitures de clémentines d'Algarve.
Ainsi que d'un Lufa du jardin de Porto Covo. Je suis très conservateur.
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Fort de cette découverte (que LOF ne m'a-t-il pas fait découvrir!), j'ai claironné dans mon quartier les vertus de la patate douce. Et à la faveur d'un forum improvisé entre voisins, voisines, ma divine voisine Dona Irene qui vend aussi des patates douces, m'a fait découvrir à son tour d'autres talents du tubercule.
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Prenez une patate douce, piquetez-la de quatre cure-dent cardinaux en son équateur, posez le tout sur un gobelet rempli d'eau et attendez l'effet produit.
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Un jour, vous constatez qu'un rameau vient d'éclore. L'autre jour, que le rameau a poussé. Et puis un beau jour, c'est devenu tout une plante verte.
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Merci Dona Irene pour le tuyau !
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J'en ai parlé à Lili qui a souri. Elle savait depuis toujours qu'en hiver, on se procure des plantes vertes à bon compte. Lili a donc organisé les plantations comme il se doit, en différents endroits de la maison, là où la lumière filtre.
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Dona Irene
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Moi qui avais la plus belle chayote du canton et le plus beau baobab, me voici maintenant doté de plantes vertes qui, si je n'y prenais garde, envahiraient la maison, mais à la vérité, pour notre plus grande félicité.
Relire Ramdam au Palais de Chayote, sur Couleur Alentejo.
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Les plus belles chayotes du canton
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Le plus grand baobab du canton. Pour l'heure, il hiberne, ayant perdu toutes ses feuilles comme il sied en hiver depuis Jacques Prévert. Les feuilles mortes manquent à l'appel si elles se sont ramassées à la main.
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Les chouchous 2006 (chayotes) se meurent. Il était grand temps de les remplacer par des patates douces qui certes, ont moins d'attraits, mais font de la feuille alors que le chouchou cherche des crosses.
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Chouchous 2006 se mourant au pied d'un flacon d'azeite de limão, obtenue à partir d'un citron de Californie de LOF. Une merveille sur un poisson. Nous l'allons voir tout à l'heure.
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Citron de Californie dans sa beauté graphique.
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Voici donc venu le temps des patates douces en Bellevue, ce qui ne nous confine pas seulement dans leur contemplation journalière, mais aussi dans des merveilles de poissons.
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La patate douce mène à tout,
à condition d'en sortir!
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Sar au four et sa cebolade
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Ouvrez l'oeil, c'est un poisson dodu et délicat, fin en chair
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Sar au four, riz, tomate et là-dessus, un rayon d'azeite de limão, autrement dit d'huile d'olive parfumée aux zestes de citron de Californie.
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Le sar au four (sargo en portugais) est un de mes grands classiques. Relire Sar Arcimboldo. Mais cette fois, j'ai innové car j'étais fatigué de ces rondelles d'oignon molles qui n'ont pas eu le temps de dorer.
J'ai donc, à part, préparé ma cebolade, oignon ail réduits à une confiture. Et j'ai parsemé mon poisson de cette confiture, puis mis au four très chaud pendant 30 minutes. Résultat éclatant. Des sucs, des caramels et des fragrances qui m'ont sauté au nez, me rappelant la cuisine de Maman, chez nous, près de Dieppe sur Manche, là où j'ai poussé mon premier cri.
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Mon bon Proust, ta madeleine n'est rien à côté de nos cuisines de la mer, de nos Saint-Jacques gratinées, de nos turbots et même de nos harengs grillés. Foi de goinfre! Chez nous, il n'était presque pas nécessaire de faire la vaisselle, tant nous avions à coeur de nettoyer l'assiette.
Cette gourmandise m'est restée, mais avec le temps, j'ai dérivé vers le sud, l'extrême sud-ouest à vrai dire, m'initiant aux sardines et au bacalhau. Deux produits hautement culturels. Lili s'est mise aux manettes pour m'offrir une trois centième recette de bacalhau que j'appelle...
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Bacalhau de Lili au four
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Là encore, il y a de l'oignon et de l'ail confits, des pommes de terres "mal cozidas", alias littéralement mal cuites, ce que j'ai interprété comme semi-cuites. Elles vont finir de dorer avec le poisson et sa divine cebolade. J'y pense, on pourrait essayer des patates douces, maintenant que je suis initié.
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A la sortie du four, ce fut un choc! Un parfum, mes amis! J'avais les sens en ribouldingue. J'ai foncé sur une bouteille de vin blanc qui fraîchissait en douce et j'ai trinqué au génie portugais, au savoir-faire ancestral de la cuisinière. Le bacalhau de Lili peut se mesurer aux restaurants de la ville! Pas un, (surtout Porto Santana, beau, propre, mais si décevant en cuisine) n'est capable de nous servir ce bacalhau. Peut-être O Brasão. O Néné, je ne sais pas encore. C'est à essayer. On rivalisera.
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Avec ça, servir une salade verte, même avec un souçon de tomate de serre (une fois n'est pas coutume) pour la couleur. Et quelques olives de Dona Irene. Saler avec parcimonie. Le bacalhau est roi.
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Bientôt la Saint Valentin:
Offrez des patates douces !
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bonjour
es ce que vous savez aussi que les feuilles de patate douce ça se mange en plat? moi qui viens des iles je peu vs dire que c'est trés bon surtout avc de la viande de boeuf.
Rédigé par: fernand | 27/03/2008 at 14:41
Ce mélange de grand art " de la cuisine et de la peinture" sont vraiment un régal !! des recettes simples, gouteuses,mélanges de couleurs dignes d'un peintre talentueux!!! Je dis " Monsieur "
Rédigé par: Josy | 19/01/2007 at 04:02
Il n'est pas question encore de boire l'apéritif au pied de ton
baobab,!! mais il a quand même fière allure. Merci de nous donner de
ses nouvelles. J'aime bien les sagas qui accompagnent tes recettes.
Rédigé par: Gabriella | 18/01/2007 at 18:11
Ola Senhor Joao-Clodss
a batata doce e a crecer ...
Je te trouves bien modeste, tu peux le dire, c'était la plus longue du Portugal.
Et tu remets ça avec des patates douces,
tu vas voir c'est envahissant, gazonant.
Ce que tu fais, c'est de couper quelques unes de ces pousses, et tu les plantes en terre.
La bouture va reprendre et secrètement, sous terre sans rien dire faire une énorme patate douce. C'est ainsi qu'on les reproduit.
compte 1m2 de verdure par pied de patate.
Ton sar est magnifique.
Rédigé par: jp | 17/01/2007 at 21:05
Que j'aimerais m'asseoir a ta table. Je promet que je nettoierais l'assiette comme il se doit, et que je la leverais triomphalement en disant "tout fini!".
Rédigé par: Gracianne | 17/01/2007 at 10:13
Les années et tes billets se succèdent, tous plus merveilleux, étonnants et savoureux les uns que les autres... au point que je me demande si des fois tu ne chercherais pas (inconsciemment) à nous rendre, nous tes lecteurs jamais sevrés, complètement DINGUES... Non, sans blague, tu vas finir par me donner envie de goûter aux patates douces !
Au fait, le truc de Dona Irene m'a rappelé que mes parents faisaient de même avec des noyaux d'avocat, quand j'étais gamin. Elle en a d'la chance, cette Dona Irene, d'avoir un vezinho-freguês comme toi. Tu es de ceux qui font remonter la cote des français à l'étranger. Obrigado, Senhor Jã-Clóde.
Rédigé par: Phil' | 17/01/2007 at 01:37