Fruits de saison indigènes
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ou sus à la Hollande,
à la Chine, au Chili, à l'Argentine!
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Amsterdam. Le Pont des Tomates (hors sol, c'est-à-dire hors soleil)
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Nous vivons des temps zahurissant, comme se serait plu à dire un déjà ancien président. En rayon de supermarché, des pommes Fuji, de l'ail de Chine, des endives et des radis de Hollande, à des prix abracadabrantesques. Je ne les ai pas photographiés, mais l'envie ne me manquait pas. Pensez, des radis de Hollande à 6 euros le kilo! Faut être maboul, irresponsable pour acheter de telles horreurs !
Que les Hollandais produisent des vélos et non des radis ! (ou des tomates)
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Nous, au Portugal on a du fruit. Surtout pas la peine d'acheter du fruit espagnol dont on imagine la culture intensive, dépourvue d'éthique du goût, pourvu que ça pisse. Nous sommes pourtant voisins de soleil.
On a du fruit et du bon. Pas cher, sauf les cerises à 3,90 euros le kilo, mais ce n'est encore rien à côté des 6 euros et plus dans cette France qui a oublié le goût des choses et qui, circonstance aggravante, ne se sort pas du mauvais temps. Juillet pourri. Ministres et députés n'ont rien perdu à garder la Chambre, allez.
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Je n'avais jamais autant consommé de fruits de ma vie. Ma corbeille en témoigne. Je la veux toujours remplie et changeante au gré des jours.
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Au Portugal, j'ai redécouvert le goût des choses de mon enfance.
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La pêche est bonne, ça mord !
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Prenez la pêche. Elle est ferme. On pourrait croire qu'elle n'est pas mûre. Erreur. Elle se pèle sans façons comme une tomate échaudée. Attention au polo clair, elle jute. Moi, je la mange au couteau, sur assiette propre. Une pêche en appelle une autre. Elles sont exquises, gorgées. Ce sont des dons de Pomone. Je nettoye l'assiette à la gourmande. Cette façon m'était interdite quand j'étais enfant.
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- Mange proprement! Disait Maman.
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Là, je libère mes instincts animaux. J'aspire, je gobe, je glougloute et je lèche. Na!
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Le temps des cerises
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Les cerises, j'ai eu tort de les critiquer il y a un mois. Elles n'avaient pas atteint les sommets d'aujourd'hui. Il faut dire que lorsque je vivais au Pays basque, les cerises d'Ixtassou m'avaient déçu. Toute petite production pour un label en béton, générateur d'inflation galopante. Aussi, quand la fête des cerises était passée, que les bonnes cerises noires étaient parties en confiture, il fallait se rabattre sur les cerises vendues à la sauvette, le long des routes. Chères et dégueulasses. Même pas du cru, mais achetées en gros, puis revendues dans le contexte AOC. Je ne mangeais plus de cerises.
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Là, j'en fais une cure. En ce début juillet, les grosses cerises noires sont parfaites, même en supermarché. Elles viennent de La Gardunha, l'Ixtassou des Portugais, entre Guarda et Castelo Branco. A les croquer, je mesure les bienfaits de la latitude, du soleil constant, surtout au finish. La fraîcheur des nuits au pied de la Serra Estrela leur convient. Surtout qu'il n'y ait pas d'orage!
Sur 250 g, deux cerises seulement sont passées à la trappe.
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A consommer sans retenue, sans aucune modération
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Le temps des prunes
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Redécouverte des prunes. Mais je reste quand même sur le souvenir nostalgique des reines-claudes, dites "vertes bonnes" produites dans les méandres de la Seine, entre Jumièges et Duclair. On chauffe à c't'heure cheu mè, en Normandie...On chauffe encore en ce moment, chez moi, en Normandie.
Autrefois, un micro-climat existait à Jumièges, au temps où le refroidissement planétaire n'avait pas encore fait son oeuvre. Les vertes-bonnes étaient craquelées de sucre. Prodigieusement bonnes.
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Là, pas ou peu de prunes vertes, mais des grosses bleues noîratres ou des petites d'un joli bleu de prusse mordoré. Bonnes, sans triomphe. Attendons encore un peu. Il faut que j'essaye une tarte. Elles manquent de sucre. JP a trouvé une solution: déshydrater partiellement et sucrer au sucre roux.
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Les poires vernaculaires
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J'en ai soupé de voir des poires d'Argentine. Je n'ai aucun désir de subventionner la production des Argentins, en dépit de la sympathie naturelle que j'ai pour le tango et le bandonéon. Nos poires arrivent, fermes. Ce devraient être des Guyot, poires d'été.
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Ma poire. Ferme, paraissant dure, mais à maturité: fondante, douce, je cherche ce qu'elle évoque en finale. Je n'ai pas trouvé.
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Et il y a le petite verte, dure, très ferme, mais à surveiller. En une nuit elle peut blettir de fond en comble, sans que cela se voit. Au toucher, c'est une molasse. Il faut donc la déguster dure.
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L'abricot
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Ah ça n'est pas le fort du Portugal! Laissons cela à la Turquie. Ici, point de Bergeron doré, juteux, mais de la loterie. Une fois c'est bon, une fois c'est à recracher. Tarte encore. J'en achète très modérément.
Quelques-uns se nichent dans ma corbeille. Je les ai placés sous haute surveillance.
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Tomate
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C'est notre fort. J'en consomme plus que de raison, mais quand le stock déborde ou que le mûrissement s'accélère, je fais des coulis que je congèle pour l'après-saison. Ma chère Dona Irene, ma voisine, m'en a mis de côté 5 Kg. En direct du jardin du fils, triées à la main. Certes, c'est du travail de monder, peler, épépiner 5Kg, plus éplucher un petit tas d'échalotes et faire compoter tout ça. Mais quel bonheur de fourmi que de ranger les barquettes d'alu au congélateur en pensant aux spaghetti pour quand la bise viendra !
Les tomates de chez nous sont garanties sans aucun produit, sans sulfate. Les plus vertes vont en salade. Les plus mûres finissent en coulis. Un coulis, pour quoi faire?
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Prenez une portion de morue pochée, par exemple. Effeuillez-la. Nappez de coulis frais. Une tocade: accompagnez de courgettes glacées. Vous m'en direz des nouvelles. Par 30°C et plus, vous ne sentez rien...La sieste est angélique.
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Un tableau est en chantier. La barque me fait penser à une banane qui aurait emprunté ses couleurs au rouge tomate, au bleu de prune. Elle a un teint de pêche. Normal, me direz-vous.
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ce qui est incroyable ici est que la symphonie des fruits ne cesse pas, dès que les agrumes ont terminé, reviennent les nefles du Japon, les goyaves et les pitangas permettent d'attendre les oranges de Noel
et alors l'été ...
Tu fais bien de célébrer les fruits, célébration qui ici dure tout le temps
Hier confiture de physalis, ...
Rédigé par: jp | 15/07/2007 at 10:30
Alors, tu as goûté aux petites poires vertes du coin ? Je crois que c'est ce qu'on appelle "pêro" en alentéjan vernaculaire... Je n'ai jamais pû m'y faire : c'est raide comme la justice et ça n'a pas le goût de nos bonnes Doyenné du Comice, ni Passe-Crassane, ni même de nos modestes poires-curé.
Rédigé par: Phil' | 15/07/2007 at 01:33
Je crois qu'il est préférable que je ne te dise pas jusqu'à quels sommets sont montés les prix des cerises de pays, ces temps-ci. Idem pour le mesclun...
Rédigé par: Phil' | 15/07/2007 at 01:25
Magnifique corbeille de fruits que tu nous présentes
là ; joli sujet de peinture.
Rédigé par: gabriella | 13/07/2007 at 07:41
Nous sommes toujours dans les fraises - c'est à dire ... encore des pivoines au jardin un 11 juillet, c'est du jamais vu! viendront ensuite les framboises (j'ai hâte!) puis les pêches de la région de Niagara (délicieuses) puis les bleuets, puis les pommes et ce sera la fin déjà. Nos cerises nous viennent d'ailleurs (Washington) elles sont quand même très bonnes. Les poires - nous n'en produisons guère. Les abricots, non plus. Mais nos petits fruits... des délices! Bonne continuation dans les fruits d'été.
Rédigé par: gato azul | 12/07/2007 at 03:08
J'adore les fruits d'été !
Rédigé par: Fabienne | 11/07/2007 at 21:19