Escale à Melides
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Hier, dimanche 7 octobre, Jeff était en escale courte, comme souvent. Malgré la faible marge de temps qui nous était impartie (au chrono), nous nous sommes offert une visite de la Ferme de la Lagune*, à Melides, côte alentejane, entre Setùbal et Sines.
Un court, mais grand moment de papotages aérobucoliques* !
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Octobre en Alentejo
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Des fraises et du vin
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J'y avais vendangé en compagnie de João et sa famille, le domaine appartenant à ses sympathiques et chaleureux parents. Hélas, Elvira nous avait fait faux bond ce jour-là, happée par les rebondissements médiatiques franco-britanniques de l'Affaire Madeleine, ce que l'on appelle ici au Portugal, le Cas Maddie, O Caso Maddie. Maddie est cette petite fille anglaise disparue en mai, d'une résidence de la Praia da Luz, Algarve. Une histoire tragique qui a pris un tour d'histoire à dormir debout, sinon à frémir.
J'ai donc vendangé en septembre au Monte da Lagoa* et découvert ce fleuron du tourisme rural, situé en bordure d'un estuaire d'un calme absolu. La paix existe. Je l'ai rencontrée. Nos hôtes ont depuis longtemps compris que tout peut pousser à Melides, même dans le sable, pourvu qu'il y ait de l'eau. Le soleil, la clémence atlantique font le reste.
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Tout pousse au Monte da Lagoa
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La goyave de Melides
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Les piments oiseaux
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Les géraniums
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Les cactées
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Et le riz...
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De la vigne au vin
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J'ai goûté hier le vin nouveau avant l'heure, celui qui vient des grappes que j'avais contribué à vendanger. Prometteur! Bourru, couleur grenadine encore, mais prometteur. C'est déjà du vin au bout d'un mois. Et ça m'a fait un choc.
Jeff en a été privé, c'est la règle des aviateurs. Juste sentir, mais pas touche, pendant les 8 heures au moins qui précèdent un vol. Et des vols, il en était chargé jusqu'à demain. Mais cette abstinence ne l'a pas empêché de goûter la sérénité bucolique du lieu.
En partie de souche beaujolaise (Morgon), Jeff a apprécié les senteurs du pressoir, là où se transforme ce vin nouveau en nectar. Je l'ai vu, entendu inspirer à plein poumons et sans aucun doute retrouver des souvenirs d'enfance. Dans la vigne vendangée, il restait un grain que nous avions oublié. On aurait dit que ce grain lui avait été réservé. Il l'a croqué.
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Jeff saisi en plein vol d'une image alentejane
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Ombre de Jeff, saisie alors qu'une cigogne lui désigne la direction de l'ouest. Mais lui, c'est notre extrême sud-ouest qui l'intéresse. A cheval sur les 38e et 37e parallèle. Là où l'on fait bombance de bons poissons et de bonnes tomates.
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Mais cet homme voyage plus vite que son nombre. Je lui ai fredonné quelques paroles d'une vieille chanson "L'Enfant de la balle" que chantait Eddie Constantine en 1954.
Un enfant de la balle
ça fait ses malles
Et ça se trimbale
Partout
Un jour à Rome
Le lendemain à Calcutta
J'ai pas l'temps, croyez-moi
D'admirer l'panorama
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J'avais presque tout faux. Les panoramas d'Alentejo, c'est son truc. Nous avons fait une petite erreur de route en venant et nous avons emprunté un chemin inconnu parsemé de figuiers remplis de ces figues vertes propres au sud. Celle qui lorsqu'elles ont la goutte de sucre qui perle sont si délicieuses. Encore une bonne occasion de découvrir et de s'emplir de visions nouvelles.
Jeff est un de ces pilotes contemplatifs qui ne supporterait pas une escale passée dans un hôtel à zapper sur 90 chaînes de TV pour n'en tirer que du vide intersidéral, de l'incuriosité et du temps perdu sur le temps. Cela doit bien lui arriver de temps en temps, mais c'est contraint et forcé.
Ingénieur de vol et mécanique avion, Captain, mais épicurien, observateur, capteur de parfums et de sensations, rêveur et adepte actif du développement durable. Je retrouve en lui des gênes semblables à ceux de cet autre Captain, mon "Frérot Viking" qui a fait carrière chez Eastern Airlines aux USA. Aussi heureux aux commandes d'un gros porteur que d'un Jodel 112 le plus fruste ou d'un Stampe. Ces hommes-là ne peuvent s'empêcher de contempler et ont toujours de quoi s'émerveiller.
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Encore un symbole évident du lien qui existe entre l'Air et nous.
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Cuisine et dépendances
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J'en arrive à la Popote. A force d'avoir le nez en l'air...
Cuisines & Dépendances, c'est le titre d'une belle pièce de théâtre que j'ai vue à Paris quand il m'arrivait encore de traîner mes sabots dans les villes de grandes multitudes. Je reprends le titre à mon compte.
Dès après la vendange de septembre, je suis rentré les bras chargés de raisins, de tomates et de fraises. (Entre parenthèses, nous avons encore cueilli quelques fraises hier qui avaient le parfum et le goût de celles de Grand' Mère; la chose se fait rare).
Quand il y a abondance, il faut gérer. J'ai fait des coulis en poussant toujours un peu plus la réduction à l'état de marmelade. La cuisson reste courte. C'est le jus que j'extrais et que je fais réduire à part pour ensuite le réintégrer. On atteint le sublime, à force de s'entêter à obtenir le goût qui plaît et qui fait dire "extinction des feux, on y est!".
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Il s'appelle encore Santo André, parce que j'avais confondu l'estuaire du petit rio de Melides avec le lac de Santo André tout proche. Pas grave. Nos hôtes s'appelle André, justement. D'ici à ce que j'en fasse des saints, il n'y a pas loin.
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Les fraises du Monte da Lagoa*, quant à elles, n'ont pas attendu que la bise fût venue. Les physalis non plus. A toutes les sauces, elles ont été mangées, au naturel, au vin, au sucre, à la Chantilly :
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Fraises et physalis, plus un brin de poejo, comme un collier. Le poejo est le pouliot en français. Vertus cardinales. C'est l'herbe de longue vie des anciens, au même titre que la sauge ou le pourpier.
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J'avais très peu de physalis, mais j'en ai fait quand même une petite confiture honnête qui tient debout. Une pomme a servi d'additif (pectine). Trois petits-déjeuners et on n'en parle plus, sauf pour raconter.
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Avis
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Si vous passez par là, ne manquez pas Melides. Ne venez quand même pas à 80, en autocar avec guide et commentatrice. Ce n'est pas un hôtel, mais un lieu de recueillement dans une nature intacte. On chauffe l'eau domestique au solaire, ici. En déboulant à quatre vingts, vous passeriez pour des blaireaux...
A mes yeux, du moins.
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Liens *
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Monte da Lagoa, Melides
Aérobucoliques, Sur le Zinc
Déjeuner entre amis
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Dans peu de temps j'y goûterai à cet hâvre de paix. ;-)
Rédigé par: Mijo | 16/10/2007 at 18:06
Tu sais que cette adresse je l'ai toujours sous le
coude pour un futur voyage par là-bas. J'ai même
une vidéo du patron ! Tes photos sont superbes.
Rédigé par: gabriella | 10/10/2007 at 19:17
Melides, avec un nom pareil, le coin se devait d'être beau.
Que l'automne continue à vous être aussi bénéfique, c'est tout ce que je vous souhaite (avec un peu de pluie tout de même).
Rédigé par: Phil' | 10/10/2007 at 05:16
Tes belles photos, paysages, et beau ciel bleu, me font saliver, autant que les beaux plats, dont tu me fais profiter ! ici, ras-le-bol du temps gris!! Bisous
Rédigé par: Josy | 10/10/2007 at 04:58
et bien
ça c'est du ciel bleu
quel bel automne nous avons
Rédigé par: jp | 08/10/2007 at 21:41