Marché à Milfontes
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Fortunes de mer et de terre
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C'était samedi matin 29 septembre. Juste avant qu'une méchante dépression de 998 Hp centrée au large de la Coruña ne nous arrose d'un bon crachin atlantique du surd-ouest, suivi d'averses nourries. Lisboa qui s'était endormie sur la sécheresse avait oublié de vérifier ses pentes, ses caniveaux, ses évacuations. Bilan, Sacavem (prononcer Sac à Vin) a mis de l'eau dans son vin. Noyé, Sacavem!
Nous peinards. On peut dire que la saison des feux est passée. Samedi, c'était la joie de retrouver mes bonnes figures de proue du Marché Couvert de Vila Nova de Milfontes.
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Vous la reconnaissez?
Maria Filisberta, toujours aussi pimpante: en 15 ans, elle n'a pas changé!
Ses produits non plus: qualité, fraîcheur, abondance.
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Sa fille, elle a changé. Je l'ai connue toute gamine. Se souvient-elle de la baffe que Maria lui a décroché, il y a 5 ans de cela, pour suspicion de fainéantise? J'en étais malade. Elle devait avoir 13 ans. C'est que tout le monde bosse (et de bon matin) dans la maison. La tentation d'une chaise est un péché.
Mais la baffe est loin. Cette éducation à la torgniole ne peut avoir que du bon. J'ai retrouvé la mère et la fille bras dessus bras dessous dans les rues de Milfontes, l'après-midi.
Le grand amour maternel et filial. Cela m'a ému. Je suis si loin de mes fils et fille. Je n'oublie pas non plus Teresa et Elisabeth, mes belles-filles, que j'ai élevées comme mes propres enfants.
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Côté légumes et fruits
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Que du beau et du bon. Des montagnes! Du coup, j'ai oublié d'acheter radis et tomates. Mais j'ai fait le plein d'oranges, succulentes pour la saison. Car ailleurs, l'orange s'affadit quand elle ne s'efface pas. Comment Maria se débrouille-t-elle pour nous dégoter des oranges juteuses, sucrées, équilibrées en acidité comme au printemps? Mystère des achats.
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Côté verdure, c'était l'extase aussi. Des salades perlantes de rosée, déjà bonnes à croquer sur l'instant. Et puis de la variété. Chose rare à Alcacer.
Vous n'imaginez pas le luxe inouï que représente le fait de mettre un visage sur ce qu'on mange ! Tout ça doit pousser du côté de Santiago do Cacem, dans notre fief.
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Salades Maria: ce n'est pas écrit dessus, mais cela se voit.
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J'ai trouvé des mojettes, dites donc! Avec leurs gousses, à écosser. Dans ma tête, j'ai pensé aussitôt baron d'agneau-mojettes. Et un petit Pauillac...
N'allez surtout pas penser que je ne pense qu'à la table.
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J'ai aussi remarqué d'autres choses. Un azulejo sympathique sur fond encore immaculé. Fasse le Ciel que les hyènes n'y viennent pas pisser pour marquer leur territoire de leurs immondes graffiti.
Grafs, graphs, tags ont fait leur apparition à Milfontes.
Guten Tag!
Révoltons-nous! J'en appelle à l'insurrection! J'en reparlerai par ailleurs.
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Cliquez sur l'image. C'est grand de connerie! C'est du vitriolage. C'est nul. Je hais ce bas populo de graphiteurs, de véroleurs. Et vous acceptez ça sans broncher, vous?
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J'ai en outre remarqué l'enseigne et l'échoppe de la Barbière de cette Ville au discours sympathique. Je m'y ferais bien ébarber si la barbe de deux jours, voire trois, n'était pas mon lot depuis quinze ans. Je suis tondeuse, hélas.
La Barbière de cette Ville se nomme Maître(sse) Silva.
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Horaire alentejan:
- Ouverture quand je suis prête...Fermeture quand vous êtes prêt.
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Vous souvient-il du livret de Sterbini, d'après Beaumarchais ? A la vue de ce tableau, j'ai fredonné Rossini. JAC, c'est pour toi:
Pour un barbier,
De qualité, de qualité...
On voit écrit sur un tableau,
Le nom fameux de Figaro
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Revenons quand même à nos salades...
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...Et à nos poissons !
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Parce que la halle de Milfontes, c'est aussi les délices de la mer, une mer généreuse et des poissonniers d'un professionnalisme qui mérite mention. Mes amis du marché ont toute mon affection. Je crois qu'ils me le rendent bien. Car s'il est une chose qui me lie indéfectiblement au Portugal, ce sont les gens de mer et de métier.
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Les deux grâces...As duas graças...Elles en rient encore!
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Débit de poissons: Mademoiselle est branchée Internet. C'est par elle que la famille et les collègues sont désormais célèbres dans le monde entier.
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Congre debout: on dit 15 kilos?
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Congre lové
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On reconnaît, de gauche à droite, un sar (à bandes) dit Saima, un Saint Pierre dit Peixe Gallo, des rascasses, dites rascasas ou cantarilhos, des rougets-barbet dits Salmonetes, des merlus, dits Pescadas, des loups (sauvages!) dits Robalos. Et tout ça se mange frit, poché, grillé...
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Des raies (raias) dans tous leurs états
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Ceci pour ne pas faillir à une tradition déjà bien ancrée dans ce blog. Percebes, JAC?
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Sur le dos
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Sur le ventre
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Raie débitée en demi croix de Malte
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La même et ses foies, à moins que ce soient ses ovaires ou ses gonades. La raie est mystère.
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Et même une torpille. Attention! 250 Volts dans l'eau et 150 Volts hors de l'eau. Une raie que nul n'a intérêt à chatouiller, sous peine d'une bonne châtaigne.
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Une belle lotte (tamboril) fait la gueule, en appui sur des dentés (chaputas)
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Une caisse de conques, gros bulots appelés Buzios et dans lesquels on croit entendre le murmure de l'Océan quand ils sont vides. Un seul de ces coquillages vaut un gros steak. C'est charnu, goûteux.
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Des squales
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Des roussettes à peau dure appelées Canicula, Pata-Roxa, Pinta-Roxa, Caneja ...
On est tous d'accord sur Scyliorhinus Canicula. Très fin en soupe.
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Dépouillée en 5 sec par notre ami qui s'est livré à un véritable festival de tours de main et surtout de couteau (Zip, crac). Je ne voudrais pas être poisson. By chance, je suis scorpion. C'est bientôt ma fête.
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Merci, les amis, on reviendra, n'ayez crainte !
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Et que cette pléthore de poissons ne vous détourne pas de mon expo aux GOÛTS du VIN, à Lisboa. Jusqu'à Noël.
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Il pleuvait en effet énormément dans ta région.A Azenhas, pas trop, heureusement!!!
Rédigé par: cristina | 07/10/2007 at 11:30
Avant de repartir dans mes périples voyageurs de peinture en peinture (qui ne me permette guère de passer voir souvent mes amis (es) : un grand bonjour amical au milieu de tes jolies photos et peintures, il est bien ton blog !
Alain MARC
Rédigé par: Alain MARC | 05/10/2007 at 19:21
Pas étonnante, ta passion pour ce coin de paradis (hors saison, ça va sans dire). C'est éblouissant de beauté vraie.
Merci pour le voyage. Et quel voyage ! Il y a tout : les gens, les lieux, leurs récoltes. Rare, de trouver tant de bonheurs réunis. Si rare.
Rédigé par: Phil' | 04/10/2007 at 16:26
Bon, avant de te parler de ton beau marché, je compatis avec toi, pour les graffitis, un jour j'ai eu l'idée de dire que c'était de la " merde " on m'a répondu:" c'est de l'art, madame , vous n'y connaissez rien !" "moi, je vous dis, monsieur, je sais qu'il faut vivre avec son temps, mais je persiste et je signe, et je vous dis que c'est de la merde!"
Pour le Pauillac, les vendanges commencent juste, chez moi, dans le pomerol, St Emilion certains ont déjà fini, 12.3°.
Merci pour tes belles images, que c'est beau un marché !
Rédigé par: Josy | 02/10/2007 at 18:14
pas grand monde au marché
parfait
parfait
on y va demain matin
Rédigé par: jp | 01/10/2007 at 22:36
Merci pour cette jolie balade culinaire!
Rédigé par: Rosa | 01/10/2007 at 16:06