Flatteries de palais
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Le mot amuse-gueule ne rend pas bien compte des petits bonheurs qui s'improvisent en cuisine, un jour ordinaire où le ciel est si bleu, la lumière si intense, qu'on a envie de se faire plaisir avec presque rien. Au mot amuse-gueule, je préfère flatteries de palais. Un mot qui tranche sur cacahuètes, noix de cajou, chips, mikados, pompe-salive et autres bêtises salées qui font les "apéros" franchouillards.
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Tiens, rien qu'une olive d'Alentejo ! Ah !
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Et des haricots dits "Feijões Frade", haricots moines, oignon frais, coriandre de l'instant, huile d'olive du moulin André. Flatterie est le mot qui convient, l'appétit se décuple dès la première bouchée. Il faut se raisonner, sinon, comment apprécier aussi ces radis longs macérés au vinaigre de framboise? Le mot croque-en-bouche leur va bien.
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Et après?
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Après, c'est une autre histoire. Il faut ne pas décevoir ce palais flagorné par le fruité des vinaigres, par le fondant de l'huile, le croquant du radis, la puissance souveraine de la coriandre. On boit une bonne lampée de Vinho tinto Eugenio de Almeida (Evora) et on se dit, tiens...
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J'ai encore un pavé d'onglet, une pomme de terre rouge, du persil frais cueilli du jardin, un reste de laitue et un reste de meurette.
La manoeuvre ne traîne pas.
Saisissement de l'onglet à sec dans la poêle antiadhésive, sans excès de chaleur, juste pour le doré et les sucs. Et puis dans la poêle, la meurette. Le tout va réchauffer très doucement et l'onglet mûrira sa cuisson, à cheval sur la meurette, pour rester saignant comme il faut.
Friteuse, pommes en dés, une chauffe pour la cuisson et la gonflette, plus une seconde pour le croustillant, c'est prêt. Il n'y a plus qu'à photographier et surtout, déguster sur un air de Carnaval des Animaux de Camille Saint-Saëns. Je n'y suis pour rien, c'est Antenna Dois qui choisit et cette radio choisit bien. Je ne me voyais pas déguster l'onglet et sa meurette sur une crétinerie sirupeuse de supermercado. Très drôle le Carnaval des Animaux, le hi han de l'âne au violoncelle...Quels chahuts intempestifs a-t-il pu engendrer dans ma classe de 6e, tenue par Monsieur Vimont, maître éléphantesque de musique ! Un géant aussi chahuté qu'il était colossal, vu de nos petites tailles de gamins. Et quel brave homme !
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Bref, photographié sur la murette, un onglet en meurette pour changer des oeufs...
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Et en plus, c'était bon !
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Et après?
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Après, un tour à la campagne voir si l'effet Larsen se produit toujours dans les champs de lupins.
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Nous sommes ce que nous mangeons!
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J'aimerais beaucoup gouter a ces petits haricots, JCP, tu les prepares toi-meme?
Amuse-gueule, j'aime bien moi, ca a un cote canaille, c'est quand meme mieux qu'amuse-bouche non?
Rédigé par: gracianne | le 13/03/2008 à 08:23
merci de ta visite,
idiot que je suis
j'ai oublié de te donner des asperges
reviens
il y a aussi des fèves et des salades
très bien
cruel ravage de l'age qui me fait oublier de te faire partager ces plaisirs
Rédigé par: jp | le 12/03/2008 à 22:00
Ces amuse-palais alentejanos ou ces flatteries de gueule comme tu voudras, sont aussi une façon de tuer la faim avant de manger, l'estomac apaisé.
C'est une bonne idée d'offrir ces petiscos - j'aime beaucoup le mot - avant,
juste pour le plaisir de boire,
tu fais bien de célébrer ces merveilles.
Rédigé par: jp | le 11/03/2008 à 21:08
Un onglet à cheval sur une meurette ...
Comme disait Lény Escudéro :"Pour une meurette qui passait par là..j'ai perdu la tête..."
Rédigé par: Jac | le 06/03/2008 à 17:50