Eloge du cerfeuil (2)
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Supposez que vous ayez la flemme de faire de la cuisine pour de multiples raisons, dans le détail desquelles nous n'avons pas à entrer, mais que vous ayez du cerfeuil sous la main.
Alors vous êtes sauvé !
Commencez par rôder au jardin, armé d'un couteau d'office dissimulé dans la manche et riez sous cape en songeant aux citadins qui ont acheté des lasagnes étouffe-chrétien pour n'avoir pas à cuisiner.
Ha, ha ! ;)) Assez ri.
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Le jardin ne fait que commencer, patience ! Mais déjà quelques radis sublimes. La pêche n'est là que pour faire de la figuration. Pas bonne, mûre, mais pas sucrée. Le pêcher a la cloque. On va le scier.
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Une assiette froide s'impose avec tous les restes (encore frais): un fin de jambon, deux branches de broccoli, une poignée de haricots verts, des blancs de poireaux inachevés, un avocat qui va tout à l'heure atteindre à la limite d'âge, une fin de laitue à sauver de la fatigue, six radis qui se battent en duel (mais des bons), une poignée de roquette (du jardin aussi)...
La vinaigrette au cerfeuil s'impose alors, tel un must.
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Elle est facile. On pourrait la compliquer, la faire à la Michel Guérard, en laissant macérer les ingrédients. Là, on n'a pas le temps, mais on n'en reste pas moins gourmet et gourmand.
Huile d'olive (très douce), moutarde, sel, poivre, vinaigre de pomme, quelques gouttes de vinaigre de framboise et...cerfeuil haché fin.
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Dresser l'assiette tout en salivant et en pensant à tout ce qui aurait pu encore garnir et procurer une myriade de goûts fédérés par le cerfeuil frais: oeufs durs, asperges, culs d'artichaut...
Tiens, il restait même deux cuillerées de lentilles, reliefs du petit-salé de la veille.
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Le résultat est probant. C'est un régal de se régaler sans avoir à faire de cuisine. Il est vrai que c'est le juste retour du temps consacré, les deux jours précédents.
Une telle assiette se nettoie jusqu'à la porcelaine.
Pour finir, on noiera son chagrin d'avoir dîné froid dans une coupe de fraises soûlées depuis la veille au Porto. Les fraises adorent se soûler au vin, au Porto. Elles déraisonnent, ne marchent plus très droit, mais c'est ainsi qu'on les aime: beurrées. On peut panacher à la Chantilly, ça les rend encore plus décadentes.
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alors ?
parles nous des salades de ton jardin...
Rédigé par: jp | 21/06/2008 at 07:52
Quel magnifique texte.
J'ai du cerfeuil. Mais pas pour ce soir la vinaigrette. il pleut fort et le jardin n'est pas à porter de main.
J'ai des fraises qui se saoulent à l'eau. Beurk. Mais une fois ensoleillées, je vais les saoûler au porto.
Merci pour ces bonnes idées.
Rédigé par: Mijo | 16/06/2008 at 17:59
C'est bien, ça, du mulet à la Zingo. Le mot sonne bien.Et qui plus est,avec du cerfeuil de Normandie ...Ca réveille des souvenirs :une assiette de moules à la crème dans des bistrots de marins , la nuit, dans le port de Dieppe...
Rédigé par: Jac | 16/06/2008 at 15:13
C'est bien, ça, du mulet à la Zingo. Le mot sonne bien.Et qui plus est,avec du cerfeuil de Normandie ...Ca réveille des souvenirs :une assiette de moules à la crème dans des bistrots de marins , la nuit, dans le port de Dieppe...
Rédigé par: Jac | 16/06/2008 at 15:13
Dorades (heu non, mulets) à la Zingo
Pas si marre que cela de cette ombélifère!J'ai reproduit cette semaine votre simple recette de dorades roses avec des petits mulets (restant d'une partie de pêche) et que je conservais au congélo pour les jours de disette.
Mais point de coriandre, mais encore du cerfeuil et du thym en fleur au jardin. En normandie, le cerfeuil ne craint pas le soleil.
Le cerfeuil a donc remplacé la coriandre et j'ai servi ces mulets avec une salade de pommes de terre nouvelles du jardin (et un peu de fleurs de thym).
Fameux, merci et arrosé d'un gros plant tout à fait honorable.
Bon, à la fin de la semaine, je vais faire un tour dans le Cotentin, je n'oublierai pas les carottes du Val de Saire pour tenter la gateau de carottes à la Michel Guérard.
Jac, je parie pour la langue de boeuf!
Rédigé par: Pen Prad | 16/06/2008 at 13:42
Oui, c'est vrai, Pen Prad, je me demandais ce que j'avais depuis 3 semaines... Moi qui voyais la vie en rose, contre tous je la vois en vert...Le cerfeuil, vous dis-je!
On aurait envie d'un gigot de biche aux abois et aux airelles,de bonnes nouilles italiennes car les nouilles m'épatent et, de bons mets locaux car tout ce qui est mets locaux motive, même d'oeufs brouillés pour éviter de se brouiller avec les oeufs.
Je sens ....qu'on nous mijote quelque chose de succulent...Un lapin à la moutarde? Une langue de boeuf? Je parie sur un jarret de porc...
Rédigé par: Jac | 13/06/2008 at 20:01
Bon, j'adore le cerfeuil, mais là, cela fait 3 semaines qu'on en mange. Quand c'est y que vous retournez au marché pour nous régaler?
Valérie
Rédigé par: Pen Prad | 13/06/2008 at 10:19
J'ai entendu dire dernièrement que le cerfeuil viendrait de Russie, ce qui n'est pas étonnant. Cerfeuil, aneth, sans oublier l'indispensable (et terrible) raifort, sans qui un russe pur et dur ne peut pas survivre loin de chez lui. C'est qu'il faut donner du goût au bouilli, pardi !
Rédigé par: Phil' | 07/06/2008 at 21:07
belle assiette(s) je suis moins certaine pour la lotte, par contre (oo) ;-P
Rédigé par: Louise | 01/06/2008 at 03:35
magnifique année pour le cerfeuil,
et pour les radis
si les escargots ne les mangent pas...
il est bon ce cerfeuil des journées nuageuses et des pluies fréquentes
quant aux pèches, manque de soleil et d'éclaicissage des fruits : manque de sucre
(je ne suis pas persuadé que tu as une variété spécialement savoureuse)
ne taille pas ton arbre au delà du raisonnable, c'est une année à cloque, même en plantant des tonnes d'ail sous les pêchers tu ne peux l'empêcher...
il faut l'aider à lutter
Rédigé par: jp | 28/05/2008 at 08:45