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C’est amusant, ce que je puis être étourdi. En faisant de l'ordre dans mes provisions, j'ai retrouvé un sachet chargé de promesses gustatives. J’avais complètement oublié que Wolfgang Amadeus Dupuy-en-Velay avait inventé les lentilles vertes qui portent son nom, comme Parmentier-du-Dauphinois avait inventé le gratin.
W-A Dupuy ne faisait pas dans la dentelle !
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Lentilles Dupuy, c'est écrit dessus
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Dans les années trente, un parlementaire de la Haute-Loire, Philibert Besson, proposa le Franc Lentille, un franc refuge indexé sur le cours des lentilles Dupuy. Alors, si m’en croyez, porteurs déçus par la dégringolade des bourses, investissez dans les lentilles Dupuy. On ne sait jamais…
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J’affecte comme ça, en douce, un savoir, une expertise en matière de lentilles, mais si vous saviez le fond des choses ! Ah cette inculture, cet illettrisme des peintres qui se piquent de cuisine ! Quand je pense aussi que j’avais oublié qu’Ésaü avait vendu son droit d’aînesse à Jacob pour un plat de lentilles ! Faut être un peu barje, non ? D’autant que ce n’étaient pas des Lentilles Dupuy, mais des lentilles de marigot. Je le sais par ouïe dire, car je n’ai jamais lu la Genèse et ce n’est pas demain la veille que je vais m’attaquer à ce morceau. C’est bien trop gros et trop loin pour moi. Dans le genre long fleuve bouillonnant, je préfère Céline ou Blaise Cendrars, voyez-vous.
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Esaü vendant son droit d'aînesse à Jacob pour un plat de lentilles. Une huile attribuée à un certain Corneille, l'autre, l'inconnu qui peignait, pas le célèbre qui dramaturgeait..."
Et toi de mes exploits, glorieux instrument,
Mais d'un fer tout de glace, inutile ornement...
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Passionnants les Corneille !
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Mais le vide culturel est réparé. Quand on tombe sur des lentilles « Dupuy » au fin fond de l’Alentejo, on est pris soudain de reconnaissance pour certains acheteurs de supermarché qui savent ce que label et origine signifient. Quand de surcroît, lesdites lentilles sont issues de l’agriculture biologique sans supplément de prix notable, alors là, on tire son chapeau.
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Il fait encore beau, mais les jours rétrécissent à bras raccourcis. Les minima se font bas, si les maxima restent dans des plages ensoleillées tout à fait acceptables pour des gens comme nous, issus des mers du Nord, mais qui avons mérité notre chemin de Damas. Car il vaut mieux être peintre en Alentejo, qu’ancien banquier cossu à la Northern Rock ou pêcheur de fonds en Islande.
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"Antes a Trovoada em Alentejo". Avant l'orage en Alentejo. Où l'on voit bien que ça chauffe et que peut-être ça va barder, mais on ne sait pas encore quand.
Acrylique JCP 46 x 32 cm. Disponible. Conditions: voir Galerie Terre.
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N’empêche, une envie de légumineuses se fait sentir subrepticement. Elle évoque par ricochet, lardons, lard, couennes et crème fraîche. Il faut bien que le corps exulte…Et pourquoi pas après tout ? Aurais-je démérité de la patrie ? Non ? Alors, où est le problème ? Vous savez bien que le cholestérol et toutes ces cochonneries sont des inventions des marchands de « Light », ces truqueurs de cartes, ces « gagneurs de sous » (comme aurait dit Pagnol) qui ont le front d’écrire sur leurs emballages « sans cholestérol », alors que cette mention est fausse. Elle est fausse, car le cholestérol n’existe pas dans les produits. C’est dans le corps que certaines substances grasses peuvent générer du cholestérol. Ah mais ! Que fait l’Ordre des Médecins ?
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Allez, aux fourneaux !
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Sans savoir ce que j’allais bien faire de mes lentilles Dupuy, j’en ai prélevé la moitié du paquet. Je les ai mises à frémir jusqu’à ce qu’elles soient tendres, mais sans excès, qu’elles aient absorbé presque toute l’eau noire, me réservant de les « finir » aux petits oignons. Ce qui fut dit fut fait. Des lardons tranchés fin à partir d’une portion de poitrine de porc ont été mis à dorer à sec, dans leur propre gras, dans une poêle antiadhésive. Ils ont été salés avec modération. En fin de cuisson, ils ont été épongés. Ils ont rejoint un lit de carottes (en brunoise), d’oignons émincés et d’ail, fondus dans un soupçon d’huile d’olive. Les lentilles Dupuy ont rejoint à leur tour ce fond de préparation «aux petits oignons».
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Un bouquet garni a été ajouté, ainsi que des couennes, restes de la poitrine, car rien ne se perd. Une larmichette de vin blanc, pour finir. Le tout a mijoté une heure, à couvert, à feu très doux. Qu’en faire ? Tous les coups sont permis. Une portion peut aller en salade. Une autre avec une saucisse de Morteau, avec de la poitrine d’agneau grillée, avec du saumon fumé, du jambon blanc, des pieds de veau, des pieds de porc. D’autres iront en barquettes au congélateur, pour les jours de disette quand la bise fut venue. Là, il sera aussi permis d’en faire une délicieuse crème, avec un cordon de crème fraîche, justement.
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Dans tous les cas, les lentilles Dupuy, c’est bon.
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Cela dit, ne comptez pas sur moi pour vous vendre un tableau pour un plat de lentilles !
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Mais si JAC veut que je lui cède mon droit d'aînesse, c'est volontiers et contre rien. Je gagnerai six ans au change. D'ailleurs, je serais bien étonné qu'il me réclame des lentilles. A la Réunion, il en mange tous les jours, midi et soir. Ce sont des lentilles de Cilaos, un plateau haut perché au-dessus de chez lui.
Vous aurez remarqué que la lentille aime les sols volcaniques. Le Puy-en-Velay, célèbre pour ses lentilles et son pain de sucre en lave indestructible au sommet duquel trône une église. Cilaos, célèbre pour ses lentilles et la route pittoresque qui y mène de coulées en coulées, de gorges en gorges vertigineuses.
Et pour finir, une citation:
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"Lentille, quand tu nous tiens!"
Jacob Essilor
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Les plats de lentilles d'autrefois,c'est vrai,
étaient remplis de cailloux,maintenant,avec le
progrès il n'y a plus de ces mauvais cailloux
qui nous ont tant dégoutés!
Notre Maman,à Jac,JCP et moi,nous faisait
manger les lentilles et gardait le jus de
cuisson pour nous faire du potage !On ne
perdait rien en ce temps là et nous n'étions
pas enthousiastes !!!
Jacqueline P P. 06 Mars 2.010
Rédigé par : Jacqueline Paulus Petit | 06/03/2010 à 19:33
Nous avons mangé ensemble,en Juin 2.009 les
coquilles Saint jacques ,dans un restaurant à
RY.Nous étions sur les pas de Gustave Flaubert
c'était une des plus chaudes journées de
l'année en Normandie ,et on les compte les
jours chauds chez nous !!!
Quiquine ;
Rédigé par : Jacqueline Paulus Petit | 06/03/2010 à 14:51
Je fais une indigestion de lentilles! Tu ne pourrais pas de parler de religieuse ou de FMI (fameuse mangeaille indigène). Enfin, si on devait suivre l'actu en plus.
Rédigé par : Pen Prad | 24/10/2008 à 14:55
Les normands parlent aux normands!
JAC,
Pour les bonnes adresses, le spécialiste c'est lui : http://www.rogoff.fr/index.php ou bien là aussi : http://www.finemaree.com
En juin, la campagne de la Coquille est terminée. C'est dommage. A moins d'en stocker quelques unes au congélo, mais ce n'est plus tout à fait pareil. Il manque la magie du produit dans sa saison. D'ailleurs, la campagne a commencé et je recule exprés ler moment de la dégustation de mes permières coquilles. J'en rêve.
Où avez-vous vu "le bleu du restau"? Je ne m'occupe point de cuisine mais de chevaux (non pas ceux que l'on cuisine, quoique).
Cela dit, ce sera un plaisir de me mettre au fourneaux quand même!
15° et couvert ici en Suisse Normande.
JCP, veux-tu bien transmettre mon e-mail à ton frère?
Merci et à bientôt
Pen Prad
Rédigé par : Pen Prad | 20/10/2008 à 13:36
A Pen Prad:
Pourriez-vous donner à JCP, mon frère, des coordonnées sympathiques pour que je puisse venir manger des coquilles Saint-Jacques de vos fourneaux, lors de mon passage en Normandie en juin 2009...Je rêve de ce plat depuis 20 ans. J'ai vu le bleu du restau. Je suis séduit.
A bientôt
Jac, le Normand de la Réunion
Rédigé par : jac | 20/10/2008 à 12:52
Jac,
Il m'est bien égal de froisser ces petites graines moches et indigestes. Quand je pense que la légende voudrait nous en faire bouffer le 1er de chaque mois!
Rédigé par : Pen Prad | 20/10/2008 à 09:03
Voilà qui est parfaitement de saison ! Une belle salade de lentilles vertes du Puy, oignons doux, ciboulette et persil. "e toca a andar !" (et ça repart) comme disait ma grand-mère.
Ah, Le Puy en Velay, sa cathédrale (ne pas manquer le buffet d'orgues restauré) sa vieille ville, sa verveine ! J'y ai passé mon certif' et le bac.
Rédigé par : Phil' | 15/10/2008 à 02:48
JCP et JAC, si quelqu'un a un droit d'aînesse à vendre, c'est bien moi, le Patriarche.
JCP,tu devrais souligner que ton Corneille est l'inventeur de la lentille cornéenne. Je vous bénis tous.
Rédigé par : Chedozot | 14/10/2008 à 13:12
Ca ne m'étonne pas Pen Prad...Les Ursulines de Caen sont trop cuites! C'est du caillou!
Et quand on ne peut plus avaler de lentilles, ce sont les lentilles qu'on vexe...
Rédigé par : jac | 13/10/2008 à 16:11
Je m'en doutais, Pen Prad, les Ursulines sont trop cuites.Une Ursuline de Caen? c'est du caillou!
Rédigé par : jac | 13/10/2008 à 16:02
Et la femme d'Essilor elle adore?
Je ne peux plus avaler de lentilles depuis mon passage en pension chez les Ursulines à Caen : trop cuites, trop de cailloux! Je ne m'en suis jamais remise.
Rédigé par : Pen Prad | 13/10/2008 à 15:37
La femme du puits s'enfonce
La femme du Chol est stéril
La femme du lent le titille
La femme du Corneille baille à la belle famille
La femme du Puits en Voulait
La femme de Cilaos s'assit la bas
La femme de Dupuy est au fond
La femme de Jacob gueule à fond
La femme d'Esaü est vend son ânesse à Jacob
La femme de Jacon trouve qu'il dépense trop
La femme du banquier lui interdit de prêter à Jacob
La femme de Jac travaillait à la Cob
La femme dupe puis s'envole derrière la haie
bonne nuit
Rédigé par : jp | 12/10/2008 à 22:45