24 décembre 1994, Tuk-Tuk, Lac Toba, Sumatra,
Vélo encore. Direction Tomok. La route est plus difficile que celle d’hier mais plus
ombragée. Entre les arbres des petits cochons se sauvent. Le chemin est
bruyant : grillons, oiseaux, enfants.
Ambarita.
Petite taverne pour attendre le jour s’effilocher. La maîtresse des lieux
m’apporte une bière et s’assoit à ma table. Elle me propose…elle me dit qu’elle
cherche un mari, européen, un peu dans mon genre et qui s’occuperait de ses
quatre enfants, du jardin (les légumes poussent bien à Ambarita ) si possible aussi de sa vieille mère, impotente mais qui
a bon caractère.
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Le salaire est de combien ?
Ma question l’offusque. Non, elle n’a pas un
sou. Le restaurant est fermé la moitié de l’année. Il y a les impôts, les
réparations du toit, les employés qui ne sont pas sérieux…Un touriste riche qui
l’aiderait à rembourser ses dettes…
« Et qui aurait un vélo, peut-être ? ». Elle rit et se
rend compte des progrès qui lui restent pour formuler une demande aussi
délicate. Cela ne m’empêche pas de commander une autre bière et de trouver
l’endroit sympathique. Je reste là à regarder les buffles qui passent, les
enfants qui repassent, les chargements des camions qui dépassent.
Puis le besoin de partir me prend. Adieu
petit « rumah makan » qui m’a donné une heure durant le
réel plaisir d’exister et de rêver.
Sur le chemin du retour, dans un virage, un
serpent est passé tout près de ma roue avant.
Un avertissement de l’aubergiste célibataire pour avoir refusé sa proposition ?
(Petit village à Sumatra)
JAC, le 30 mai 2009
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