Le tang est un hérisson sans piquant. Il se mange avec les doigts.
Pas dans une assiette mais sur une feuille de bananier. Les mangeurs de tang
sont heureux, rient beaucoup et boivent de même. J'ai mangé une fois de cet
oiseau-là...Maintenant, c'est fini : trop...pas assez...trop lourd, trop gras,
trop d'os. Les morceaux étaient difficilement identifiables, beaucoup trop petits pour un
palais européen. Un bon naturaliste aime bien faire la différence entre un
testicule et une oreille. On les chasse la nuit en revenant du bal, sur la
route du Tévelave. Ils tombent comme des mouches, à la lumière des phares. D'effarement
bien sûr.
Un créole endormi se réveille
instantanément à la simple évocation d'un « Cari-Tang ». Il s'agite
et frétille de partout, flaire le musc de la bête, se lèche les babines. Il se
précipite pour ravitailler beaux-frères, amis, ennemis
en whisky Label Rouge, et n'hésite pas à couper lui-même les feuilles de
bananier avec son sabre à canne. Bref, il en oublie d'un coup les querelles de
voisinage et les injustices du partage des terres familiales.
Mais, si le
cœur vous en dit, voici la recette d’un plat réputé, dont l’essentiel pour moi
réside dans la chaleur communicative qu’il suscite autour de la table, dans des
odeurs de thym, de safran et de clous de girofle.
(Merci à "album.aufeminin.com")
Ingrédients :
Tomates, oignons, ail, deux échalotes, un morceau de gingembre, 3 clous
de girofle, 2 feuilles de 4 épices, un peu de vin rouge, sel, poivre, huile.
Préparation :
Pilez
l’ail, le gingembre et les clous de girofle. Ajoutez le sel et le poivre.
Frottez, frottez les morceaux de tang avec tout ça, en n’ayant pas peur de vous
salir les mains. Ecrasez les feuilles de 4 épices. Mélangez le tout. Laissez
macérer quelques heures.
Cuisson
de la bête :
Faites
chauffer un peu d’huile au fond d’une marmite que vous achèterez directement
chez le fabricant dans la descente d’Ambatolampy à Madagascar, puis faites
revenir les échalotes, le tang et les tomates. Ajoutez un demi-verre d’eau pour
éviter la catastrophe. Laissez mijoter 30 minutes. Versez alors un fond de
verre de vin rouge, laissez cuire encore 30 minutes. Eh, oui, votre feuilleton
attendra !
Servez
sur des feuilles de bananier et dégustez face au bassin des Aigrettes à
l’occasion d’un pique nique mémorable avec des cousins que vous n’aviez pas vus
depuis dix ans. Je vous le disais bien :
c’est le tang des retrouvailles…
Devant un tel paysage, bientôt les rires tombent en cascades...
JAC, le 24 janvier 2010
Bjr!
Pour la photo d'illustration merci d'avoir mentionné mon lien qui est
http://www.aufeminin.com/mon-espace/krillou
Rédigé par : Gene | 22/02/2012 à 18:41