Mai 68. Rien à voir avec les événements de l’époque, mais en 2CV, je roule toujours très vite. J’ai peut-être vaguement à l’esprit un ancien slogan publicitaire concernant les points forts de la fameuse Deudoche : la maison offre une voiture neuve au conducteur qui essaiera de la coucher sur le flanc.
Sur la route étroite qui mène à la maison familiale, le véhicule se balance au rythme des bosses. Je les connais par cœur. Dans les courbes, les pneus chantent. Le double débrayage est réglé comme une cantate de Bach.
Un long virage. Habituellement, je le négocie à 50 km/h. Aujourd’hui je suis euphorique, il me plaît d’essayer de le prendre à 70. Alors, tandis que je tire tant que je peux sur le volant, une roue n’échappe pas à l’herbe du bas-côté. Pas grave. Mais, la deuxième, non plus. Puis tout va très vite : un saut de cabri par-dessus le talus, suivi d’une retombée énergique dans le champ de betteraves, prolongé par une cavalcade interminable dans la terre fraîchement labourée. Un sillon plus profond qu’un autre et la 2CV s’immobilise. Le moteur s’éteint. Un silence pèse sur mon épouvante.
(Montage l'ami Dav Payt)
Au loin, un type sur un tracteur agite les bras. Il pointe l’index vers sa tempe et, les yeux exorbités, tapote plusieurs fois. Il faut bien l’admettre, c’est le geste typique pour montrer de loin à un automobiliste qu’il devrait rester enfermé à l’asile.
-J’va t’sortir de là avec eune chaîne, mais j’va’ l’dir’ à ton père ! Ah, ça oui, pauv’ crétin !
-Ben, je …je..
-Tais-toi donc, ‘spèce de voyou ! Et pis pousse derrière pendant qu’j’tire a’ec mon tracteux !
C’est beau un tracteur qui remet une 2CV dans le droit chemin.
Et que dire d’un paysan pédagogue qui fait la morale à un étudiant agité !
Je vois là, dans ce sauvetage à contre-courant de l’Histoire, tout le symbole révélateur d’une société perturbée, en pleine mutation.
En 1.971,j'ai hérité d'un vieille 2CV dont le garagiste voulait se débarrasser .Elle était la BAGNOLE DE PRET du mécanicien.Il ne fallait pas être difficile,je ne l'étais pas!
Le plancher, sous la pédale d'accélérateur, était troué.
Avec u n tapis, on pouvait cacher la pauvreté
qui c'est connu, n'est pas vice !
Cette CITRON m'a rendu bien des services,pendant plus d'un an, sans problèmes.
Oui c'était ' INCREVABLE .
Mon fils a arpenté toutes les routes si mal
goudronnées de Yougoslavie et de Grèce avec,
c'est la carrosserie qui a cédé,pas le moteur .
Combien de bras ont été coincés dans ce volet du conducteur,se rabattant sans cesse ?
Quiquine .
Rédigé par : PAULUS PETIT JACQUELINE | 11/04/2012 à 17:35
Une plaisanterie circulait à l'époque sur la fragilité de la 2CV : quand on ferme une portière, les trois autres s'ouvrent ...
Rédigé par : jac | 11/04/2012 à 04:50