Avril 1971, Francfort/M, Allemagne
Midi. Nous sommes trois copains et sortons de la poste de Francfort où nous avons travaillé depuis quatre heures du matin. Michaël a l’idée saugrenue d’entrer dans un bar et de commander de l’Erdbeerwein, du vin de fraises. Cet alcool-là vous monte vite à la tête, d’autant plus que nous n’avons pas mangé. Au bout du deuxième verre, c’est étrange, des petites étoiles descendent du plafond et miroitent autour de nous.
Les saucisses lilliputiennes offertes par la maison, sont loin de nous sortir d’affaire : dans nos estomacs fatigués, la fraise et la charcuterie, brassées à la moutarde sucrée, ne font pas bon ménage.
Une seule solution, tenter de digérer nos excès à l’air pur de la campagne. Une marche en forêt du Taunus nous fera grand bien.
Pour sortir de la ville, Michaël conduit la Mercedes de son père.
Au feu rouge, nous partageons l’attente avec un cycliste, ma foi sympathique, mais qui a le malheur de porter timidement le profil de la victime idéale. Le conducteur l’interpelle :
-Hé, camarade ! C’est pas à vélo qu’elle va se construire la révolution ! Les prolétaires vont à pied. Tu es un bourgeois. Tu ne sais pas que la révolution est en marche ?
-Et vous ? Et vous dans votre belle Mercedes ?
-Oui, c’est vrai, concède, Roland, mais nous prenons une voiture confortable dans l’unique but de porter plus vite la bonne nouvelle aux peuples opprimés. Unissez-vous, marchez sur le Grand Capital !
Fou rire en démarrant sur les chapeaux de roues.
Derrière nous, le jeune homme tapote avec son index sur la tempe pour nous montrer à quel point nous avons perdu la raison. Il n’a sans doute pas tort.
Au fil des kilomètres, notre euphorie ne s’éteint pas.
En arrivant à destination, nous sommes quasiment dégrisés.
Un bon conseil à donner aux fêtards qui se rendent en discothèque : une bonne partie de rigolade peut faire baisser le taux d’alcoolémie dans le sang.
Histoire d’aborder plus sereinement les contrôles de la police.
JAC, le 14 novembre 2012
TO BE OR NOT TO BE .
Un verre ça va ,deux verres, Bonjour les dégâts.
Tu t'es vu quand t 'as bu ??
Deux slogans de campagne anti alcooliques il y a quelques années.
Je me souviens d'un repas de cérémonie,ou le père de la mariée,adepte fervent de la ligue anti alcoolique voulait échanger le vin traditionnel par du jus de fruits...
Quelle tristesse car selon la chanson :Boire un petit coup c'est agréable ,boire un petit coup c'est doux, mais il ne faut pas ,rouler dessous la table !!!
Quiquine.
Rédigé par : PAULUS PETIT JACQUELINE | 18/11/2012 à 03:57