1er novembre, Siem Reap, Cambodge,
Mon voyage touche à sa faim : ce sera aujourd'hui des brochettes de satay et des petits légumes. En position assise mon genou gonflé me fait une fleur car il ne me tarabuste que modérément. Du soleil. Pas de pluie. Ou si peu. Une femme chante. La ruelle connaît une embellie.
Parcourons le monde, en ne pensant rien, cheveux au vent, poursuivons notre route bien loin, comme des bohémiens en roulotte. Octobre a paré les ruines, de mousses, de fleurs et de papillons jaunes. Les racines des banyans soulèvent des montagnes de pierres. Les fromagers cernent les temples, les ligotent, les étranglent comme des hordes d'anacondas géants. Mais ces actes de démiurges nous restituent des vestiges d'une poésie unique au monde où le fantastique des livres de notre enfance se mêle à la beauté d'une alliance émouvante entre les pierres, la nature et l'histoire.
( Temple du Bayon : une des tours aux quatre visages de Buddha. Les sourires énigmatiques vous observent du haut de leur sérénité totale)
Passons outre les querelles de voisinage, les quiproquos stupides dans les familles, les feux verts des banques, les cartons rouges infligés par nos chefs de service, et ouvrons-nous au chant têtu des crapauds-buffles, à la beauté des rizières balinaises, au sourire des pasteurs du Tibet, à la candeur des pêcheurs cambodgiens ou des paysans malgaches. Et puis...et puis attendons le résultat : les performances de nos électrocardiogrammes devraient connaître une nette amélioration.
(La vie en rose à Sulawesi, photo Jac)
(Alors...compris ? Cambodge, Jac)
JAC, le 18 mai 2009
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