Sihanoukville, Cambodge, 4 janvier 2012
Par un concours de circonstances inhérent aux aléas des voyages improvisés en Asie, nous n’avons rien mangé depuis ce matin.
On n’est pas sérieux quand on la faim nous tiraille.
Sur notre chemin, une boutique chinoise attire notre attention.
Du rouge partout. Au plafond, sur les murs, les tables, les casquettes des vendeuses, les étiquettes des pétards, les couvercles des baumes du Tigre, les manches des balais à poils durs.
Enfin ! Voilà ce qu’il nous faut : de bien jolis paquets de bonbons (rouges), alignés au garde à vous sur une étagère.
Des papillotes ?
Des pastilles?
Des dragées?
Nous achetons ici et là des choses colorées, à dominante rouge sang et or.
A l’ouverture du premier sachet, une émanation étrange nous inquiète.
Mais, puisque l’opération a commencé, il faut poursuivre l’expérience et rester positif.
Malheur !
Pouah !
Nous recrachons tant bien que mal cette pâte molle et gluante, un compromis terrifiant entre du crottin de cheval et de la mort-aux-rats.
Les vendeuses pouffent de rire. Nous cherchons à comprendre.
La seule langue commune est celle des gestes, difficile à interpréter.
Nous sortons de ce capharnaüm avec nos doutes et nos craintes.
Tant pis.
Certains optent pour une sorte de bouillon cube au piment de feu. D’autres, après réflexion, croient avoir reconnu sur l’étiquette le siphon d’un lavabo encombré de bouchons de graisse.
Nous nous précipitons dans la première buvette pour y commander deux grandes bouteilles d’eau minérale.
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