Jean-Claude et ses messages d’amour:
De deux années de
correspondance électronique soutenue avec mon cousin Jean-Claude (une « partie
de ping-pong », aime à dire mon cousin Jacques), j’ai sélectionné des
messages d’amour émouvants : amour filial, amour fraternel, amour paternel…
Bonjour, tendresse…
1 - Amour filial
Jean-Claude m’écrit le 15
décembre 2006 :
« Merci pour ta photo
de ma maman. Emotion pure. J’ai fait un étrange voyage avec elle seule. On est
partis en escapade dans le midi et on s’est marrés comme des dingues. Ma
Simone, je lui disais : « On part au Brésil maintenant » et elle
était prête à la seconde. Je la revois encore en admiration devant une grosse
moto. Et le gentil motard de goûter le plaisir d’une vieille dame rêvant de
chevauchées fantastiques sur la Nationale 7… J’ai aussi passé presque une nuit
entière à ses côtés, à la fenêtre, en août, à compter les étoiles filantes.
Etonnante Simone qui aurait pu être poète, voyageuse, motarde. Je la revois
aussi accoudée au bastingage de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur, se repaissant d’images
de boubous débarquant des Caravelle. »
Parlant de sa maman,
Jean-Claude écrit « ma Simone » de façon attendrissante. Le
possessif n’est pas exclusif, il est simplement protecteur et affectueux
car en effet, il peut écrire le 20 octobre 2006:
« Nous approchons du
30 octobre. Cela va faire 10 ans que papa est allé rejoindre sa Simone
en douceur »
Nous savons hélas que,
deux ans plus tard, il allait aussi bientôt rejoindre sa Simone et son
Lucullus réunis. Gardons son gentil euphémisme apaisant: il les a rejoints
en douceur.
(Jean-Claude, sa Simone et son Lucullus réunis hier,
aujourd’hui et toujours)
Quand Jean-Claude habite
en Suisse ou à Annemasse, la bonne ville de Lyon est le lieu de retrouvailles
joyeuses avec ses parents débarqués du TGV de Rouen. Il m’écrit le 9 avril
2007 :
« La Part-Dieu était
le lieu de rendez-vous au temps pas si éloigné où mes parents traversaient la
France en TGV depuis Rouen. Les trains arrivaient toujours un peu avant midi,
la bonne heure. De là, nous allions nous restaurer dans le vieux Lyon.
Lyon, c’est la soie, c’est
Bocuse (Ciel, madame, quel Bocuse !). Mais cela restera pour moi le
bonheur rencontré sur les quais de Saône un dimanche de printemps (Fête des Mères)
et nous, Simone, Lucien, un peu pompettes au sortir d’un bouchon…Un clochard
assez propre sur lui a tenu à donner la bise à Simone, non sans lui avoir
extorqué en échange un billet de 10 francs, plus un autre pour les « frais
de route », plus encore un autre extorqué à Lulu pour « la poire pour
la soif »… Gonflé, le gone, mais surtout sympa et talentueux.
Nous avons vécu des
moments intenses, tel ce jour où l’autoroute était coupée à Nantua alors que
nous allions cueillir nos tourtereaux à la Part-Dieu. Pas de téléphone
portable. Nous sommes arrivés avec une heure de retard. Imagine-moi, éperdu
dans la foule de la gare, cherchant d’improbables parents. Soudain, dans cette
foule épaisse, je me suis retrouvé face à ma Simone et nous nous sommes étreints
comme si nous revenions de l’Enfer ! »
De son père, Jean-Claude
retient surtout l’homo sapiens recoltans comme il se plaît à dire… Il le
croque tendrement en 1990, l’aquarelle tombe entre mes mains via Jacqueline, je
la lui transmets au Portugal. Cocode l’avait oubliée. Il m’écrit ses
commentaires le 24 octobre 2006 :
« Très émouvant. Sur cette aquarelle spontanée, j’ai
un peu chargé la barque côté masculinité mais ce n’était que justice. Lucullus
est tel qu’en lui-même. Cheveux d’artiste. Les bretelles et le futal déboutonné
sous la sous-ventrière sont top! Je commettais parfois des sabotages odieux qui
consistaient à faire sauter en douce les pinces de la branche dorsale des
bretelles. Et vlan! Le futal agricole partait en collapsus, laissant paraître
des jambes d’une blancheur d’albâtre ».
Jean-Claude s’est pris très
tôt de passion pour les avions et nous a fait partager son enthousiasme « sur
le Zinc ». Il a essayé de convertir son papa. Récit amusé d’un fils plein
de tendre indulgence mais rétrospectivement effrayé… Message du 27 juillet
2006 :
« Mon papa ne croyait
qu’en la terre ferme, ce qui ne m’a pas empêché de lui imposer en 1970 un baptême
de l’air, nous deux seuls sur la campagne bourbonnaise, effectuant des
corrections de cap les plus molles qui soient et des virages dits « en
table de bistrot ». A l’arrondi, sur la piste 18 de Vichy, alors qu’on
filait en effet de sol à 1,5 mètres d’altitude et à 110 Kmh, il m’a flanqué une
énorme claque sur la cuisse, une claque d’allégresse, une bourrade de terrien
revenu sans bobo de la lune. On aurait encore pu se casser la gueule ! »
Les fidèles de « Sur
le Zinc » comprendront bien le jargon technique, imperméable pour moi…
Quant aux fidèles de « Popote
et Papote », ils trouveront dans cette photo une belle illustration de la
communion du Père et du Fils autour de la table :
(Père et fils, merveilleuse complicité d’après-banquet.
Chez saint Cocode, on voit très distinctement l’auréole…)
A suivre…
Daniel Bas
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