Saint-Saëns, la maison de briques…Régulièrement il faut éliminer quelques rats pour contenir leur prolifération. Ils viennent en nombre du bâtiment de la Gendarmerie, attirés par les stocks de bois, de journaux, de papiers divers.
Muni d’une carabine à air comprimé, mon père avance, à pas de loup, vers la cave où ils pullulent. Surtout au fond, du côté sombre et effrayant du tas de charbon. Jean-Claude suit le guide en baissant la tête, une main accrochée à son veston. Moi, à l’arrière-garde, je serre la main de mon frère et me retourne à chaque instant. Ma mission est de surveiller l’espace derrière nous en cas d’attaque par surprise.
Silence. Le capitaine lève les yeux au plafond. Souvent, c’est de là qu’ils surgissent.
Un courant d’air. La lourde porte grince…Là-bas, là-haut, il y a …
Mon père n’a pas le temps de viser.
Il tire.
Un cri.
Nous sommes dans les ténèbres. Il vient de briser l‘ampoule. Pris de panique, nous nous cognons les uns aux autres. Papa trébuche sur des boulets de charbon, moi, je roule sur son dos. Mon frère pleure. Vite ! Il faut sortir de ce piège…
A la lumière du jour, nous pouvons respirer. Nos vêtements tachés de noir sont dans un état lamentable et des toiles d’araignées pendent à nos cheveux.
Maintenant, nous éclatons de rire.
JAC, le 5 février 2012
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