8 juillet 2007, Andasibe, Vakona, Madagascar,
La brume se dissipe et
le soleil tant attendu descend les pentes de la forêt, descend jusqu'à cette
immense bâtisse de bois au bord du lac.
Clapotis sous le petit
pont.
La porte grince. A
peine. Le feu dans la cheminée crépite de bon coeur. Parfum de café. De lait
chaud. De croissant.
Silence. Attente.
Du fond de la voûte
gigantesque monte un air probable d'opéra. Le disque craque, hésite, déraille.
Une voix de ténor s'insinue, progresse et fait taire les cris déchirants du
vinyle. L'Ave Maria de Gounod...Au coeur de la forêt ! C'est un peu le rêve
exaucé de Fitzcaraldo en pleine Amazonie...
Cette voix de cristal,
oui, c'est celle de... le nom m'échappe. Un homme âgé m'observe puis vient à
mon secours...
- C'est Aureliano
Pertile, monsieur, le plus grand ténor du monde, il y a une cinquantaine
d'années. Vous aimez?
Je ne peux que lui
répondre d'un bref hochement de tête.
Et les larmes qui coulent sur ma joue et dans ma tasse ne sont ni celles du froid ni celles de la nostalgie.
( Fitzcaraldo - Klaus Kinski- au coeur de la forêt amazonienne, film de Werner Herzog)
JAC, le 15 août 2009
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