Télévision :
Précieux
instrument de culture pour enfants qui rend bien des services à la mère, enfin
tranquille pour faire son repassage, et aux petits frères qui se détendent, un
œil sur le dessin animé, une oreille sur les devoirs à faire.
Le
père est rassuré : son petit monde suit le feuilleton, pendant qu’il
caresse la croupe avantageuse de la petite caissière à grande surface. Pour
consoler les enfants d’avoir quitté la cuisine de la mère, il a offert un
deuxième poste, mis à disposition dans la chambre des garçons. Quand la fièvre
du samedi soir les habite, ils peuvent alors s’adonner sans retenue à la
chaleureuse émission XXL, tandis que la mère pleure en silence et redescend au
frigo pour se venger sur le millefeuille qui reste.
(Merci à www.plurielles.fr/parents/enfants-bébés/)
Cette
chaîne présente d’agréables films éducatifs qui montrent aux bambins, images
sonores à l’appui, par quels trous on peut entrer chez une femme. Pour eux
d’ailleurs, le nombre d’orifices augmente proportionnellement au nombre des
piercings et à la variété de leurs emplacements.
Un
jeune insomniaque ne voit pas d’autre issue à sa solitude que d’appuyer sur tous
les boutons de la télécommande au gré de ses fantasmes qui montent en
puissance, tout en gardant un œil lubrique sur l’épaule découverte de la
cousine qu’on a mise exceptionnellement dans le lit contigu.
Le
soir, en rentrant de l’école, les petits ne se précipitent plus sur la tartine
saupoudrée de chocolat mais sur leur émission préférée. Leur plaisir se lit le
soir à l’oeil bovin qu’ils concèdent à leur génitrice quand elle leur demande
de mettre la table. Elle les a appelés une fois mais ne recommencera plus.
Demain, elle leur apportera devant « la télé »une pizza Margarita (Fromage fondu, ketchup,
olives), étalée sur un plateau. Ce qui lui permettra pendant ce temps dans la
cuisine, de suivre à loisir son
feuilleton mexicain basané qui lui a appris un mot en espagnol : hacienda.
La
télé lui a fait connaître « toute l’actualité » : comment l’Irak
a envahi les Etats-Unis, pourquoi le Brésil s’est déplacé de 100 kilomètres
après un tsunami qui a inondé l’Afghanistan. Elle sait désormais que les
Polonais sont des cueilleurs de fraises pour faire plaisir aux Français qui
n’ont plus qu’à les sucrer.
Si les parents partaient six mois travailler en Pologne, les enfants ne s’en apercevraient jamais, vu que le "possse" assume pleinement son rôle de parrain et que, pour manger, il leur suffirait d’ouvrir le "frigo". Il y aurait toujours une voisine pour repasser les culottes, une grand-mère pour payer la note d’électricité et les Allocations pour acheter des Game Boy.
JAC, le 21 mai 2009
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